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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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THE PASSION

américain, 2h07 min

Réalisation :

Réalisation et scénario : Mel Gibson ;Directeur de la photographie : Caleb Deschamel ; Production : Icon Productions, USA.

Interprétation :

Avec : Jim Caviezel (Jésus), Maia Morgenstern (Marie), Monica Belluci (Marie-Madeleine)

Auteur :
Mel Gibson, américain, vit en Australie. Il est acteur de films d’action, principalement policiers, Mad Max 1-2-3 (1976) et L’Arme fatale 1-2-3 (1987). Il réalise son premier long métrage avec Braveheart (1995) (un héros écossais milite pour l’indépendance de son pays et meurt les bras en croix dans d’atroces souffrances…). Film couronné par 5 Oscars.
Résumé :

Résumé : Scènes de procès et de tortures infligées à Jésus de Nazareth durant 2 heures 07 minutes par Mel Gibson.

Analyse :

« Ceci est mon sang, giclé pour vous »
Il y a erreur sur le titre ce n’est pas la passion du Christ mais la plus grande duperie jamais filmée ou le film de la surenchère, du ridicule et de la falsification. Surenchère de clichés usés et indignes des plus mauvais films du répertoire : abus de ralentis dans les chutes de Jésus, abus de très gros plans sur son œil tuméfié et ses plaies, abus de plans répétitifs. Pour dénoncer la cruauté des soldats Romains Mel Gibson les montre avides de souffrances et sadiques au point de rire en frappant de toutes leurs forces sur Jésus demi-nu et demi-mort. Et le réalisateur d’utiliser plusieurs fois ce procédé basique du cynisme. Au même chapitre : tout le long du chemin de croix ils boivent, se moquent de Jésus et évidemment le frappent sans arrêt comme pour faire avancer un âne. Les âmes sensibles sursautent à chaque coup de fouet alors que cela vire au ridicule. Mais le pire reste à venir dans ce domaine ! Au cas où les spectateurs n’auraient pas compris que les vrais méchants ce sont les Romains, Mel Gibson invente ce qu’aucun réalisateur n’avait encore jamais osé imaginer : après des giclées de sang et des gros plans sur les mains de Jésus qui reçoivent les clous et un bras cassé à force de l’étirer pour le clouer, Jésus une fois cloué sur sa croix et avant l’élévation va être retourné face contre terre !

Le chapitre du ridicule est le plus fourni : à la minute où meurt Jésus la caméra se place en plongée totale au-dessus du Golgotha et monte très haut dans les cieux. Nous sommes donc placés du point de vue de Dieu. C’est alors qu’une goutte d’eau, voire une larme, tombe du ciel et la caméra la suit dans sa chute pour arriver au pied de la croix, ce qui déchaîne toutes les catastrophes naturelles et « spirituelles » connues. Cette colère divine apparaît d’avantage comme une vengeance qui contredit le message d’amour du Christ prononcé quelques minutes auparavant.

Falsification, enfin à tous points de vue car Mel Gibson « arrange » le texte biblique et ignore la tradition iconographique de l’Art religieux. Trois évangiles sur quatre parlent d’une « foule armée d’épées et de bâtons » qui vient arrêter Jésus, cela suffit au réalisateur pour la transformer en une troupe de soldats juifs, carapaçonnés. Sur tous les retables, fresques et tableaux de tous les temps, le bon larron est placé à la droite du Christ, place des élus comme dans les représentations du jugement dernier. Eh bien chez Mel Gibson, c’est inversé.

Il veut convertir le spectateur par la méthode fondamentaliste habituelle : avant la Passion, dès le premier plan du film, le public est dans la nuit, lune brillante en tête. Sous-entendu : il ignore ce que Jésus a fait pour lui. Après avoir vu la Passion (de Mel Gibson, apologie sanguinaire du sadisme humain) le public est dans la clarté du tombeau vide et suit Jésus ressuscité aspiré par la lumière du matin de Pâques, au dernier plan du film.

Quant à ceux qui accusent le film d’anti-sémitisme à cause de l’acharnement du sanhédrin à faire accuser Jésus, ils ignorent les textes bibliques qui relatent les renvois d’accusation de Pilate à Hérode en passant par Caïphe. En un mot : que tous relisent les Evangiles afin d’y trouver l’amour de Dieu dans le sacrifice de son fils et non pas l’amour du sacrifice de son fils par Dieu. Nuance : une notion inconnue de Mel Gibson.
(Corine Eugène dit Rochesson)