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Cinéma

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The President's last bang

Corée du Sud - 2005 - 1h42

Réalisation : Réalisation et scénario : Im Sang-soo Image : Kim Woo-hyung ; Son : Kim Suk-won, Han Chul-hee Montage : Lee Eun-soo ; Décors : Lee Min-bok Musique : Kim Hong-jip ; Production : MKB pictures Distribution française : CIPA
Interprétation : Han Suk-gyu (Ju), Baik Yoon-shik (Kim), Song Jae-ho (le président)
Auteur :

strong>Im Sang-soo est né en 1962 à Séoul. Il est le fils d’un critique de cinéma. En 1989, il étudie le cinéma à la Korean Film Academy. D’abord assistant réalisateur (notamment d’ Im Kwon-taek), il réalise son premier long métrage en 1998 (« Girls night out ») . Sa notoriété s’affirme avec « Une femme coréenne » sorti en 2003.

Résumé :

Séoul 1979. Un dîner privé réunit pour une soirée, le Président de la République et ses trois plus proches collaborateurs : son chef de sécurité, son secrétaire et le Directeur de la KCIA, Kim. Tous trois se disputent les faveurs du Président. Une chanteuse pop, starlette montante, et une autre jeune femme ont été conviées pour distraire ces messieurs. Pendant ce temps, le Directeur de la KCIA se prépare à assassiner le Président et quitte la pièce quelques instants afin d’instruire une dernière fois ses agents du déroulement des opérations.

Analyse :

Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes en 2005, ce nouveau film était attendu avec curiosité après « Un femme coréenne ». Traitant d’un événement réel survenu le 26 octobre 1979, l’assassinat du général Park Chung-hee devenu président de la République en 1961, suite à un coup d’État militaire, le film a fait sensation en Corée du Sud. Le fils du général Park et surtout sa fille, chef de l’extrême droite à la Chambre des Députés, ont réussi à faire censurer le film, en coupant une séquence d’ouverture constituée d’actualités connues sur la vie publique du président. En effet, les censeurs tenaient à ce que le film ne soit considéré que comme une interprétation, et non une reconstitution de ce crime politique.
Nous ne connaîtrons peut-être jamais la séquence d’ouverture, mais ce qui frappe dans ce film, c’est la liberté de ton, l’humour sarcastique et la virtuosité technique. La narration se développe essentiellement dans les lieux publics où s’est déroulé le drame :résidence présidentielle, siège de la KCIA, quartiers généraux de l’Armée, hôpital militaire.
On sait que le réalisateur a écrit le scénario à partir des minutes du procès des principaux personnages. Mais le film ne prend pas parti. Au contraire, il s’ingénie à montrer le côté improvisé, le ratage de certaines actions, l’incompétence et la veulerie des comparses de Kim, le chef des conjurés. Celui-ci donne l’impression de régler une affaire personnelle.
Pour nous spectateurs occidentaux, qui ne connaissons rien à la Corée, nous ne pouvons pas apprécier les allusions au pourrissement du régime, ou même les allusions au passé et aux sympathies japonaises de Park Chung-hee… Mais reste le spectacle d’une farce sanguinaire, filmée avec brio : succession de scènes d’action sèches et efficaces et longues plages calmes, impressionnants plans en plongées, travellings latéraux tout en souplesse. Un vrai plaisir de cinéma.

Alain Le Goanvic