Logo de protestants.org
Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

logo   

The road to Guantanamo

2005 anglais 1h35

Réalisation : Michael Winterbottom et Mat Whitecross
Interprétation : Riz Ahmed (Shafiq), Farhad Harun (Ruhel), Arfan Usman (Asif), Waqar Siddiqui (Monir)
Auteur :

Michael Winterbotton est né en 1961 en Angleterre. Après des études de lettres il se forme au cinéma à Bristol et à Londres. Il commence sa carrière à la télévision comme monteur puis comme réalisateur de documentaires et de téléfilms. Le grand succès de l'un d'eux, "Family", le conduit à fonder sa propre société de production en 1994. Il réalise l'année suivante son premier long métrage, "Butterfly Kiss". Suivront "Jude" en 1996, "Welcome to Sarajevo" en 1997, "I want you" en 1998, "With or without you" et "Wonderland" en 1999, "Rédemption" en 2001 et d'autres encore jusqu'à celui qui lui vaudra l'Ours d'or au festival de Berlin en 2003 : "In this world", drame suivant le périple de deux jeunes pakistanais voulant émigrer en Grande Bretagne. Avec "The road of Guantanamo" il remportera l'Ours d'argent en 2005.

Résumé :

Ce film retrace l'histoire vraie de quatre jeunes anglais d'origine pakistanaise partis célébrer au Pakistan le mariage de l'un d'entre eux. Arrivés là-bas ils partent en autobus en Afghanistan, pour tourisme et action humanitaire. Ils seront pris dans la tourmente des événements post 11 septembre et finalement faits prisonniers par les américains. Commence alors leur route vers Guantanamo...

Analyse :

Ce film se situe sans doute dans la catégorie des "docu-fictions". Cette histoire "vraie" qui nous est présentée (le réalisateur est parti d'interviews des jeunes gens et ces derniers avaient un droit de regard sur le film) est jouée par des acteurs. Ceux-ci sont à la fois filmés dans des scènes de reconstitution des événements et dans des interviews où ils racontent des épisodes de "leur" histoire ou font part de leurs réflexions sur ce qui leur arrive. Cette alternance régulière de scènes d'action, d'interviews, et aussi d'images d'archives (concernant surtout des déclarations officielles américaines) rend le film très vivant et très convaincant. Cette impression d'authenticité est renforcée par le fait que les jeunes acteurs choisis viennent d'un milieu socio-culturel aussi proche que possible de celui des "vrais" héros.
Nous nous donc trouvons devant un mélange de genres : d'abord un "road movie" puis un film de guerre et enfin un film de prison. Dans cette dernière partie nous pénétrons profondément dans un système de déshumanisation systématique où la torture est utilisée pour faire craquer le moral des prisonniers. Ceci nous est montré sans complaisance inutile.
En sortant de ce film on mesure à quel point cette prison de non droit est un scandale, même si l'on sait que les prisonniers qui s'y trouvent ou y sont passés ne sont pas tous des "touristes" malencontreusement égarés en Afghanistan.

Maguy Chailley