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Cinéma

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Tokyo sonata

Japon, 1h25, 2008

Réalisation : Kiyochi Kurosawa - Scénario et dialogues : Kiyochi Kurosawa, Sachiko Tanaka - Photo : Akiko Ashizawa - montage : Koichi Takahashi
Interprétation : Teruyuki Kagawa, Kyoko Koizumi, Haruka Igawa, Yu Koyanagi, Kai Inowaki
Auteur :

Kiyochi Kurosawa est né en 1955 au Japon. Sa filmographie est conséquente : une vingtaine de long-métrages de fiction. Jusque là connu pour ses thrillers à composante fantastique, il aborde, avec Tokyo Sonata un genre et un style très différent. Ce film a été présenté à Cannes en 2008 dans la sélection "Un certain regard".

Résumé :

Portrait d'une famille japonaise ordinaire. Le père, licencié sans préavis, le cache à sa famille. Le fils aîné est de plus en plus absent; le plus jeune prend en secret des leçons de piano. Et la mère, impuissante, ne peut que constater qu'une faille invisible est en train de détruire sa famille.

Analyse :

Ce film est un document très intéressant sur la société japonaise contemporaine.
La première partie fonctionne comme une critique sociale du monde impitoyable de l'entreprise qui licencie sans préavis. Cet homme qui n'ose pas avouer à sa famille ce qui vient de lui arriver, de peur de perdre la face, nous rappelle des personnages semblables dans des films français récents (L'emploi du temps de Laurent Cantet et L'adversaire de Nicole Garcia). On le voit errer dans les rues avec son "nécessaire" de cadre (complet-veston, attaché-case) et rencontrer d'autres hommes dans son cas. Mais à la perte de son emploi se rajoute l'impossibilité pour lui de comprendre le devenir et les aspirations de ses enfants, auxquels il veut imposer une autorité aveugle, qui nous semble d'autant plus incohérente qu'elle accompagne son propre mensonge sur sa situation de chômeur. Le fils aîné, pour échapper au manque de travail, veut s'engager dans l'armée américaine, qui recrute pour ses campagnes au Moyen Orient. Le second fils résiste aux refus de son père de lui voir faire du piano, alors même qu'il est très doué.
La deuxième partie nous fait basculer dans la comédie (ou du moins ce que nous apparaît comme tel à nous occidentaux) et même dans le burlesque avec ce cambrioleur raté qui prend la femme en otage.... Celle-ci finira par trouver dans cette aventure une occasion de repenser sa vie.
Dans l'épilogue tout semblera s'arranger : le mari acceptera de révéler l'emploi subalterne qu'il a été obligé d'accepter ; la femme reviendra au foyer ; le jeune fils réussira brillamment un concours de piano. Mais l'aîné, enrôlé dans l'armée américaine, prend le parti de ceux qu'il est allé combattre.
Habitué des films d'horreur et de fantastique, Kurosawa veut-il nous montrer cette fois comment fonctionne l'horreur dans la vie moderne réelle ?

Maguy Chailley