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Cinéma

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Travaux, on sait quand ça commence...

France 2005; durée 95 mn

Réalisation : Réalisation : Brigitte Roüan. Scénario: B.Roüan, Eric Besnard, avec J.F. Goyet et P. Galland. Directeur de la photo: Christophe Pollock. Décors : Guy-Claude François, Thierry François. Montage : Laurent Roüan. Musique : Stéphane Warbeck. Chorégraphie: Karine Saporta. Production : Humbert Balsan. Distribution: Pyramide.
Interprétation : Carole Bouquet (Chantal), Jean-Pierre Castaldi (Frankie), Didier Flamand (Thierry), Françoise Brion (Mamika), Aldo Maccione (Salvatore), Martial di Fonzo Bo (l'architecte).
Auteur :

Actrice et réalisatrice française née en 1946, Brigitte Roüan, propose en 1990 avec Outremer son premier long métrage, film nuancé sur l'Algérie française, suivi en 1997 par le second, Post coïtum animal triste, histoire d'une femme à qui tout a réussi mais qui s'éprend passionnément d'un homme plus jeune travaillant dans l'humanitaire et sombrera dans le désespoir lorsqu'il repartira en mission. Ces deux films ne remportent pas un succès commercial et il faudra attendre huit ans pour qu'apparaisse Travaux, on sait quand ça commence...

Résumé :

Cependant qu'elle est poursuivie des assiduités de Frankie,-beauf épanoui et client qu'elle a défendu avec succès-, une avocate au grand coeur, Chantal Letellier, épouse la cause des immigrés sans papiers au point de défiler avec eux. Elle leur veut tellement de bien qu'elle les fait travailler chez elle sans s'être assurée de leur compétence et confie à un architecte latino inspiré et chaleureux les transformations de son appartement bourgeois qui s'en trouvera quasi détruit avant d'être miraculeusement rafistolé.

Analyse :

Tous les ingrédients d'une comédie burlesque, sur le modèle de l'âge d'or américain sont convoqués mais... implosent : le scénario, truffé de bonnes idées comme de situations et de personnages comiques, est plombé de bons sentiments et dépourvu d'une véritable imagination; les acteurs fascinants qui crèvent l'écran (di Fonzo Bo, Maccione, Kouyaté), sont malheureusement confinés à des seconds rôle et apparaissent trop parcimonieusement; les immigrés colombiens, aussi touchants de bonne volonté que d'attendrissement amoureux pour leur patronne, sont dangereusement non professionnels à la scène comme à la ville; enfin les inserts ambitieux de comédie musicale et chorégraphique sont hélas autant de citations artificielles. Ainsi les qualités réelles du scénario et des acteurs ne suffisent-ils pas à sauver un film qui, -torpillé par l'actrice principale, fausse naïve manipulatrice et hystérique, et la réalisatrice, incapable d'imposer un rythme convaincant à cette sympathique fable -laisse le spectateur, qui n'arrive pas à rire, dans un état de totale frustration. Le défi n'est pas relevé qui eût permis de faire le grand écart entre les deux registres de la comédie- donnée par la troupe d'éléphants immigrés dans l'appartement de porcelaine de l'avocate bobo- et du drame vécu par les exilés aux prises avec les marchands de sommeil, le travail au noir et la quête d'une reconnaissance de leur identité.

Jean-Michel Zucke