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Cinéma

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Trois enterrements

« The three burials of Melquiades Estrada »
(USA -2005 – 1H57)

Réalisation : Réalisateur : Tommy Lee Jones – Scénario et dialogues : Guillermo Arriaga ; Photographie : Chris Menges – Son : Mark Weingarten – Compositeur : Marco Beltrami; Production : Michaël Fitzgerald, Luc Besson, Pierre-Ange Le Pogam,, Tommy Lee Jones
Interprétation : Tommy Lee Jones (Pete Perkins) ; Barry Pepper (Mike Norton) ;Julio Cesar Cedillo (Melquiades Estrada) ; Dwight Yoakam (Belmont) ; January Jones (Lou Ann Norton)
Auteur :

Tommy Lee Jones est surtout connu comme acteur. Il a joué dans JFK (O. Stone), Le fugitif, Men in Black, Space cowboys (Eastwood). « Trois enterrements » est son deuxième long-métrage, qui a reçu deux distinctions à Cannes 2005 : Prix du Scénario, Prix d’interprétation masculine

Résumé :

Le corps de Melquiades Estrada est retrouvé en plein désert, où il a été sommairement enterré après son assassinat. Les autorités locales, sans chercher à découvrir les raisons de ce crime, ont précipitamment fait inhumer Melquiades au cimetière public. Pete Perkins, contremaître de la région et meilleur ami de Melquiadès, va découvrir le meurtrier. Il va obliger l’assassin à emmener le cadavre de son ami vers son pays natal pour lui offrir son troisième enterrement, dans le respect et la dignité.

Analyse :

Grand panoramique sur un paysage désertique. On s’attend à voir des hommes à cheval, mais la caméra se concentre sur un 4x4, conduite par deux hommes de la force publique. C’est la ronde de la police des Frontières et nous sommes précisément sur la frontière entre les États-Unis et le Mexique…Ce n’est pas un western ! mais un épisode dramatique dans une région où s’opèrent régulièrement des bavures. Première force du film : la fiction part d’une situation dont les médias américains parlent régulièrement, et qui peut aussi évoquer des choses pour nous, l’immigration clandestine de mexicains, qui tentent à tout prix d’entrer aux Etats-Unis. À leurs risques et périls.
Le réalisateur et son scénariste Guillermo Arriaga puisent leur inspiration dansun fait réel.
Dans ce très beau film sont affirmées les valeurs essentielles: l’amitié, le respect du mort, la rédemption d’un criminel écervelé. Le récit est tout d’abord éclaté. Le crime n’est pas montré d’un seul bloc, mais par petites touches. Ainsi l’auteur du crime n’est connu qu’après que l’enquête du meilleur ami de Melquiades Estrada, Pete Perkins, l’ait conduit au QG de la Police des Frontières, les preuves à la main que le forfait a été effectué par un de ses membres, Mike Norton.
On se sent gagné par la noblesse de Pete Perkins, sorte d’Antigone moderne, qui veut donner une sépulture à son ami, dans son propre village, accomplissant ainsi le vœu exprimé par Melquiadès. Notons bien que c’est sa seule motivation ! La police lui refuse le corps, alors il capture le policier criminel, enlève le corps et part vers le supposé village où a vécu Melquiades. Il ne venge pas son ami en tuant le policier; au contraire, il va donner à Mike une chance de Rédemption. Ce n’est pas le « Mort sans Sépulture » qui réclamerait vengeance.
Le film, au regard si chrétien , se termine dans l’apaisement, le seul que permet le pardon humain.

Alain Le Goanvic