Logo de protestants.org
Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

logo   

Tropical Malady

(Sud Pralad) Thaïlande – 2h

Réalisation : Scénario et réalisation : Apichatpong Weerasethakul
Interprétation : Avec : Banlop Momna (Keng), Sakda Kaewbuade (Tong)
Auteur :

Apichatpong Weerasethakul est un jeune cinéaste thaïlandais de 34 ans. Il est venu au cinéma après des études d'architecture. A étudié au Centre de cinéma expérimental de Chicago. De ce séjour américain il dit avoir appris à considérer les choses dans une perspective différente de celle de son pays natal et avoir contracté le goût de la liberté, face à la société conservatrice dont il est issu. Il a déjà réalisé "Mysterious object at noon" (2000) et "Blissfully Yours", déjà présenté à Cannes en 2002. Il a obtenu le Prix du Jury pour Tropical Malady.

Résumé :

Ce film comporte deux parties très différentes dont le lien est à construire par le spectateur. Dans la première partie nous sommes témoins d'une relation amoureuse entre deux jeunes gens, l'un militaire, Keng, l'autre agriculteur, Tong. Tout se déroule sans événement majeur. Cette partie se termine par la brusque disparition de Tong. Dans la deuxième partie, Keng, est parti traquer dans la jungle une créature étrange, tantôt homme, tantôt tigre. Sa traque est encadrée et coupée périodiquement par des "cartons" nous narrant une légende chamanique.

Analyse :

Construire le lien entre ces deux parties est un des défis posés au spectateur par ce film. Le ton dominant de la première partie est une espèce de douceur de vivre dans un univers assez banal. Le contraste va être grand lorsque nous allons plonger dans un univers beaucoup plus sombre et onirique renvoyant à une légende thaïlandaise. Bien des clefs culturelles nous manquent sans doute  pour entrer pleinement dans cette deuxième partie. C'est pourtant celle qui est la plus réussie et la plus intéressante. Dans l'obscurité de la jungle, tout devient signe d'une présence cachée : les bruits, les lueurs, la végétation... Le soldat qui cherche ne sait pas ce qu'il cherche : un homme nu ? un tigre ? lui-même ? La forêt et ses habitants sont beaucoup plus qu'un décor. Ce sont des protagonistes du récit à part entière. Les animaux "parlent" (et leurs propos sont sous-titrés en thaï) et s'adressent à l'homme. Il apparaît peu à peu que nous assistons non pas à une simple recherche de l'ami disparu mais à une sorte de quête de la vérité de l'homme, appelé à dompter en lui la bestialité, sous peine de retourner à l'animalité.

Maguy Chailley