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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Ulzhan

France, Allemagne, Kazakhstan 2007 1h45

Réalisation :
Réalisation : Volker Schlöndorff - Scénario et dialogues : Jean-Claude Carrière, Volker Schlöndorff - Photo : Thomas Faehrmann - Décor : Aleksandr Rorokin - Son : Philippe Mouisset - Montage : Peter Adam - Musique : Bruno Coulais, Kuat Shildebayev - Production : Fly Times Pictures, Volksfilm GMBH, Kazakhfilm National Company
Interprétation : Philippe Torreton (Charles) , David Bennent (Shakuni), Ayanat Ksenbai (Ulzhan)
Auteur :

Volker Schlöndorff est allemand. Il est né en 1939. Après des études à l'IDHEC (Paris), il commence sa carrière comme assistant de Resnais, de Melville et de Malle. Il passe à la réalisation en 1966 avec "Les désarrois de l'élève Torless". Il s'impose en Allemagne avec "L'honneur perdu de Katherina Blum" (1975). La reconnaissance internationale lui viendra de l'adaptation du roman de Günter Grass "Le tambour", qui obtiendra la Palme d'Or à Cannes en 1979. Parmi ses réalisations plus récentes on peut citer : "Le voyageur" (1991), "Le roi des aulnes" (1996), "Palmetto" (1998), "Les trois vies de Rita" (2000), "Le neuvième jour" (2004), "Strike" (2006)

Résumé :

Un homme seul, Charles, s'enfonce dans les steppes d'Asie centrale. Ce qu'il prétend chercher dissimule une autre quête dont il n'est pas très clairement conscient lui-même. Un étrange vagabond, Shakuni, puis une jeune enseignante kazakh, Ulzhan, l'accompagneront dans son errance....

Analyse :

De cet homme hagard qui, dès son entrée au Kazakhstan, se fait dérober ses papiers d'identité et semble n'en avoir cure, on comprend qu'il cherche à se perdre lui-même et que son identité lui importe peu. Il abandonne au fur et à mesure ce qui pouvait le rattacher à son univers précédent et dont on ne saura pas grand chose, si ce n'est qu'il fuit un deuil impossible. Le prétexte qu'il annonce, retrouver des traces de la présence très ancienne dans cette région de chrétiens nestoriens, ne trompera pas Ulzhan, qui va chercher à le protéger de lui-même. Mais ce qu'il trouve sur son chemin ce sont les traces de "folies" plus contemporaines : anciens kolkhozes abandonnés, lieux desséchés de l'ancienne mer d'Aral, zones interdites où ont eu lieu autrefois des essais nucléaires.... Tout ceci sent la mort vers laquelle Charles semble vouloir aller. Deux personnages vont tenter à leur manière de le détourner de ce projet fatal. Shakuni, fils de shaman, vagabond et vendeur de "mots rares" (ceux pour lesquels il n'existe pas de traduction littérale dans la langue d'un autre pays) qui incarne une errance habitée de spiritualité et ouverte à la rencontre. Ulzhan, dont la discrétion et l'accueil permettent à Charles de poursuivre son chemin, mais avec un "ange gardien". Lorsqu'il parviendra sur les pentes enneigées du Khan Tangri, comme arrivé au bout de ce chemin de mort, une lueur d'espoir apparaîtra avec le cheval qu'a laissé pour lui la jeune kazakh. On ne saura pas s'il pourra s'en saisir....
Ce beau film parabole ne prétend pas être un documentaire, même s'il nous révèle des aspects du Kazakhstan marqué par une histoire récente faite de destruction de la culture traditionnelle et des milieux naturels. Il montre des rencontres humaines possibles au delà des particularités des histoires individuelles.

Maguy Chailley