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Cinéma

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Uno

Norvégien 2004 1h39

Réalisation : Scénario et réalisation : Axel Hennie ; Directeur de la photographie : John Andreas Andersen ; Genre : Drame, policier
Interprétation : Axel Hennie (David), Nicolai Cleve Broch, Bjorn Floberg
Auteur :

Axel Hennie, 29 ans, a été jusqu’à présent essentiellement un acteur. Il signe ici son premier long métrage dont il a écrit le scénario et dans lequel il tient le rôle principal. Il a choisi pour directeur de la photographie John Andreas Andersen avec qui il a travaillé sur trois autres films en tant qu’acteur. Il précise, dans une interview, combien ce choix a été important puisque, jouant le premier rôle dans ce film, lui-même, la plupart du temps, ne pouvait se trouver derrière la caméra : il avait donc besoin d’une personne de confiance. Ce drame policier a obtenu le Prix spécial du jury au festival Premiers Plans d’Angers en 2005 (pour les premiers films européens) et Grand Prix du Jury au Festival du Film Nordique de Rouen.

Résumé :

David, un jeune homme d’une vingtaine d’années, vit avec son père, gravement atteint d’un cancer, son frère trisomique et sa mère avec qui il n’a que peu d’échanges. David se conduit en frère attentionné et en fils dévoué. Il travaille dans une salle de musculation où il découvre que Lars, le fils de son patron Yarle, fait du trafic de produits dopants. Une descente de police et l’interrogatoire qui s’ensuit l’amènent a dénoncer Lars pour pouvoir retrouver son père mourant à l’hôpital. Il arrive trop tard. Mais il doit subir la vengeance de Lars et de Yarle doublée par les agressions d’une bande de trafiquants qui veulent l’impliquer dans les agissements de Lars. Ses relations avec son copain Morten, qui fuit les représailles, se détériorent et il se retrouve seul devant ses problèmes. Il finit par faire face et se sent libéré lorsqu’il a reçu sa dernière raclée.

Analyse :

Hennie aborde le problème du passage à la vie d’adulte. Dans ce but il compare la vie à un jeu de cartes : on ne maîtrise pas la distribution de ses cartes, mais on devient adulte lorsqu’on décide comment les jouer, qu’on choisit enfin le sens de sa vie. Le film a pour référence le jeu de cartes Uno. Chacune des étapes de l’évolution de David est ponctuée par une carte de ce jeu qui signale un nouveau détachement (perte de son père, de son travail, de son copain…), jusqu’à la septième et dernière carte qui lui donne le choix de la couleur. La démarche est intéressante.
Le film est construit en flash-back d’ensemble, entre la première image qui représente David, de nuit, au milieu d’une rue, le visage ensanglanté, et la même, dans les dernières secondes du film, avant une ultime volée de coups de pieds qui le laissera sans connaissance.
« Uno » est une histoire en partie autobiographique qui montre un milieu scandinave autre que la carte postale habituelle, et comporte quelques scènes d’une grande violence. Les paroles sont rares, les moyens d’expression sont essentiellement les coups. Les caractères sont bien campés, le cadre sombre est réaliste. Des chansons de Tom Mac Rae accentuent l’impression de profonde mélancolie. On pourrait reprocher à « Uno » la situation familiale exagérément désolante de David, et certaines contradictions chez les protagonistes, mais ce sont des petits défauts de jeunesse et le personnage de David est tout à fait attachant.

Anne Vercueil