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Cinéma

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Volver

Espagne 2006 ; durée : 2H01

Réalisation : Scénario et réalisation : Pedro Almodovar ; Image : José Luis Alcaine ; Son : Miguel Rejas ; Montage : José Salcedo ; Musique : Alberto Iglesias ; Production :Aug. Almodovar ; Distribution : Pathé distribution.
Interprétation : Penelope Cruz (Raimunda), Carmen Maura (Irène), Lola Duenas (Sole), Blanca Portillo (Agustina), Yohana Cobo (Paula), Chus Lampreave (Tante Paula)
Auteur :

On ne présente plus Pedro Almodovar, cinéaste espagnol né en 1951 en plein coeur de "La Mancha", province qu'il retrouve aujourd'hui avec Volver. S'il souhaite très tôt faire du cinéma, il ne pourra réellement commencer à le faire qu'autour des années 80. La reconnaissance internationale lui vient en 1987 avec  Femmes au bord de la crise de nerfs . Ensuite ce seront, entre autres, Attache moi (1989), Talons aiguille (1991), La fleur de mon secret (1995). Il apparaîtra comme un des très grands cinéastes contemporains avec Tout sur ma mère (1999), puis Parle avec  elle (2001) et La mauvaise éducation (2003).

Résumé :

Trois générations de femmes : Raimunda et sa fille Paula ; Sole, la soeur de Raimunda ; Irène, leur mère, officiellement morte dans un incendie. Peu d'hommes dans ce gynécée : ils passent ou trépassent. Avant tout une histoire entre femmes, donc, unies par le même sang. Comme toujours dans ces situations, il y a dans les placards des cadavres dont le linge sale se lave en famille. Une envoyée de l'au-delà aidera à faire le ménage.

Analyse :

Plus que jamais Pedro Almodovar parle avec  elle : la mort. Elle est là dès le magnifique travelling d'ouverture qui suit les allées d'un cimetière où une foule de femmes s'active autour des tombes et les nettoie frénétiquement, tandis que souffle le vent d'Est, le vent qui rend fou : son vent à elle, la mort. Elle sera ensuite présente tout au long du film, cette mort, si mêlée au monde des vivants qu'elle en devient vivante elle-même, ranimant un fantôme et le réintroduisant dans sa quotidienneté d'avant. Mais, à la différence des spectres habituels, celui d'Almodovar,  une fois qu'il a soldé ses arriérés, s'incruste au lieu de retourner là d'où il est censé être venu. Car on est bien loin des films où des zombies ne sortent de l'ombre des enfers que pour y entraîner les vivants. Ici, à l'inverse, c'est la vie qui attire les fantômes dans sa lumière.

Jean Lods