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Cinéma

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Yasmin

Angleterre 2004 ; durée : 87 min

Réalisation : Scénario : Simon Beaufoy ; Réalisation : Kenneth Glenaan ; Image : Toni Slater-Ling ; Montage : Kristina Hetherington. ; Prod. : Parallax Independent ; Distr. : Les Films du Safran.
Interprétation : Archie Panjabi (Yasmin), Syed Ahmed (Nasir), Renu Setna (Khalid), Steve Jackson (John)
Auteur :

Yasmin  est le deuxième long métrage de Kenneth Glenaan. Après plusieurs courts métrages il a sorti en 2001 Gas Attack qui, réalisé un an et demi plus tôt, décrivait une attaque à l'anthrax, et abordait déjà le problème des relations difficiles avec les communautés étrangères en Grande Bretagne.  Yasmin a reçu le prix Templeton 2004.

Résumé :

Jeune femme appartenant à une communauté pakistanaise musulmane du nord de l'Angleterre et travaillant comme assistante sociale dans un quartier anglais, Yasmin  est un être clivé qui oscille entre deux identités. Voilée et de noir vêtue à l'intérieur de sa communauté, respectueuse de son père au point d'avoir contracté un mariage blanc pour lui obéir, elle se livre à un surprenant changement à vue à peine sortie de chez elle : elle tombe la tenue corbeau, saute dans un jean, libère sa chevelure, et, prenant la direction de son travail au volant de sa Golf rouge, offre la parfaite image d'une femme intégrée. L'image tiendra bon jusqu'au 11 septembre 2001.

Analyse :

Aucun cinéma ne vaut l'anglais pour tirer les sonnettes d'alarme de la société.  Kenneth Glenaan ne faillit pas à la tradition. Plaçant sa caméra au coeur d'une communauté pakistanaise du nord de l¹Angleterre, il aborde, dans un film qui tient à la fois du documentaire et de la fiction, un sujet sensible entre tous : l'islamophobie. Avec ses prétextes, ses manifestations, ses conséquences. Avec son enracinement dans le feu couvant d'un racisme qui ne demande qu'à prendre flammes quand la torchère d'un événement dramatique vient le raviver.
Ici, la torchère est allumée à l'embrasement des Twin Towers. Avant le 11 septembre, ce n'est (si on peut dire) que le règne du racisme ordinaire ( tags menaçants, injures sexuelles, brimades en tous genres) ; après cette date, la violence larvée monte de plusieurs tons, se traduisant par le rejet généralisé et souvent brutal de la communauté musulmane accusée uniformément de complicité active avec  le terrorisme. Avec pour conséquences le basculement des identités incertaines ou à demi intégrées dans le camp de la radicalisation. Ainsi de Yasmin, qui balançait d'un monde à l'autre faute de pouvoir les métisser : un choix qu'elle ne voulait pas faire va s'imposer.

Jean Lods