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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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A SERIOUS MAN

(Etats-Unis, 2009, 1h 44)

Réalisation : et scénario: Joël et Ethan COEN. Distributeur : Studio Canal.
Interprétation : Michaël Stuhlbarg (Larry Gopnik), Aaron Wolff (Danny Gopnik), Sari Lennick (Judith Gopnik), Jessica McManus (Sarah Gopnik), Richard Kind (Arthur Gopnik), Fred Melamed (Sy Ableman).
Auteur :

Nés en 1954 et 1957, les frères Coen ont grandi à St Louis Park, près de Minneapolis dans le Minnesota. Ils ont plus de 14 films à leur actif, depuis Blood simple en 1984, tous des succès avec de nombreuses récompenses, dont la palme d’or à Cannes en 1991 pour Barton Fink, le prix de la mise en scène en 1996 pour Fargo et l’Oscar du meilleur film en 2007 pour No country for old men.

Résumé :

En forme de prologue, l’histoire, dans un village polonais du XIXe siècle, d’un couple juif et leur rencontre avec un dibbouk (âme d’un mort voulant posséder un vivant)) nous introduit dans la vie de Larry Gopnik, professeur de physique dans une petite ville du middle west américain des années soixante. Assailli par des problèmes familiaux, professionnels et matériels, Larry se tourne vers sa communauté : qui pourra l’aider à comprendre les desseins d’Hachem (Dieu) ? Comment devenir meilleur quand on a rien fait de mal ? Et dans deux semaines, la bar mitsvah de son fils Danny doit être réussie alors qu'il ne pense qu'à transgresser les règles.

Analyse :

Ni arnaque, ni crime dans ce récit, le plus autobiographique des frères Coen. Puisant dans leurs souvenirs d’enfance, ils font une peinture nostalgique de cette famille moyenne américaine, moulée dans la tradition juive. Bien sûr ils ont tous ce petit grain déformant qu’aiment leur donner nos cinéastes amoureux de l’absurde. Il y a un côté jubilatoire à épingler quelques « figures » plus vraies que nature, servies par un casting et une technique irréprochables mais aussi un vrai questionnement au sujet des traditions religieuses. Larry est un homme ordinaire, quoique malchanceux harcelé entre autres par sa femme qui veut divorcer, par ses deux adolescents égoïstes, son frère inadapté social qui squatte chez lui, par un collègue plus puissant que lui et par un élève qui cherche à le corrompre, chacun lui imposant leurs propres obsessions. Il a un esprit scientifique mais il se soumet aux traditions imposées par sa femme et les rabbins qu’il consulte, sans pour autant qu’il soit question de foi. Dans sa dégringolade il cherche les signes de ce destin capricieux, jusque dans ses rêves. Mais les signes nous les avons, nous spectateurs, grâce aux ficelles bien nouées de Joël et Ethan qui nous égarent ou nous enchantent jusqu’à accepter la simple philosophie du fameux « principe d’incertitude »... qui n’empêchera pas le retour d’un "dibbouk" !

(Arielle Domon)