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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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AGORA

(Espagne/Etats-Unis - 2009 - 2h21)

Réalisation : Alejandro Amenabar - Scénario : Alejandro Amenabar, Mateo Gil - Image : Xavi Gimenez - Décors : Guy Dyas - Montage : Nacho Ruiz Capillas
Interprétation : Rachel Weisz - Max Minghella - Oscar Isaac - Ashraf Barhom - Michael Lonsdale
Auteur :

Alejandro Amenabar est né en 1972 à Santiago du Chili. Il étudie le journalisme (section image et son) à l'université de Madrid où il vit depuis 1994. Il réalise des courts métrages à partie de 1991 et travaille en outre comme cameraman, monteur et compositeur pour plusieurs courts métrages vidéos. Resis dont il signe le scénario, la mise en scène et la musique, a reçu de nombreux prix dont le prix du public au festival d'Annecy en 1996. Il réalise ensuite : Abre los ajos (1997), Les autres (2001), et Mar Adentro (2004) .

Résumé :

IV° siècle après Jésus-Christ. L'Egypte est sous domination romaine. A Alexandrie, la révolte des chrétiens gronde. Réfugiée dans la grande bibliothèque , désormais menacée par la colère des insurgés, la brillante astronome Hypatie tente de préserver les connaissances accumulées depuis des siècles, avec l'aide de ses disciples. Parmi eux, deux hommes se disputent l'amour d'Hypatie : Oreste et le jeune esclave Davus, déchiré entre ses sentiments et la perspective d'être affranchi s'il accepte de rejoindre les chrétiens de plus en plus puissants.

Analyse :

Film féministe ? Peplum philosophique ? Dénonciation du fanatisme religieux ? Agora est tout cela à la fois, tourné avec de gros moyens et une mise en scène "pharaonique" (on est à Alexandrie...). Les amateurs de "grand spectacle" seront servis. La figure d'Hypatia est particulièrement intéressante : cette jeune femme astronome et philosophe, enseignant dans la bibliothèque d'Alexandrie à de jeunes hommes (libres mais aussi esclaves), avides de connaître et fascinés par elle. Elle a choisi de se consacrer à la philosophie et à la science et de n'appartenir à aucun homme. Nous voyons comment, peu à peu, le fanatisme religieux va chercher à la discréditer aux yeux de ses disciples et la faire condamner comme sorcière, elle qui, pourtant, exhorte à la tolérance et à l'égalité. Ce film montre successivement les païens, puis les juifs et enfin les chrétiens, succomber aux pièges mortels de l'intolérance par rapport aux autres croyances. Alternent des scènes intimistes dans le cénacle des astronomes philosophes et des scènes de foule lors des affrontements entre communautés. Tous ces événements supposent, pour être bien compris, un sérieux bagage en histoire des religions même si beaucoup d'entre eux peuvent aisément être décontextualisés et référés à des événements d'actualité.... Il faut espérer que la mise en scène, prodigue en effets visuels grandioses (Alexandrie vue du ciel avec tantôt zoom avant, tantôt zoom arrière ; scènes de foules déchaînées...) ne fera pas écran au message de dénonciation de l'intolérance dont ce film est porteur.

(Maguy Chailley)