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Cinéma

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Air Doll

(Japon - 2009 - 2h05)

Réalisation : scénario et dialogues : Kore-Eda Hirokazu - Photo : Ping-Bing, MarkLee - Décor : Yohei Taneda - Montage : Kore-Eda Hirokazu - Musique : World's End Girlfriend
Interprétation : Doo Na Bae (Air Doll), Arata (Junichi), Joe Odagiri (Sonoda -Doll Maker)
Auteur :

Kore-Eda Hirokazu est né en 1962 à Tokyo. A partir de 1991, il réalise plusieurs documentaires avant de passer à la fiction en 1998. Ses films les plus connus du public occidental sont "Nobody knows" (2004) et "Still walking" (2008)

Résumé :

Histoire d'une solitude dans une grande métropole moderne à travers l'histoire d'amour d'une poupée gonflable qui petit à petit prend vie et développe des sentiments humains.

Analyse :

Etrange conte et fable cruelle. Cette poupée gonflable qui s’anime peu à peu nous semble d’abord bien naïve et enfantine. Mais elle va servir de révélateur au sujet de la solitude vécue dans le monde contemporain et du désir de tout être humain d’être aimé pour lui-même, d’être aimé pour quelque chose qu’il est seul à pouvoir donner. On peut comprendre aussi cette fable comme exprimant le souhait d’une femme de ne pas être réduite à un objet sexuel. Des personnages satellites plus ou moins esquissés contribuent à faire découvrir les joies et les souffrances apportées par le fait d’avoir un coeur : une petite fille dont le père souhaite l’anniversaire au restaurant, un vieil homme qui demande qu’on lui touche le front, un employé de vidéo club qui apprend à la poupée gonflable à découvrir les fleurs puis l’amour..... Mais le fin étonne : que signifie cette incapacité à comprendre qu’elle est la cause de la mort de son amant ? Son échec à devenir totalement humaine vient-il de son désir naïf d’avoir un coeur et surtout d’être reconnue comme en ayant un ? Et de son refus de la solitude, inévitable ? Ce qui nous vaut une dernière scène, pathétique, où son "corps" gît abandonné sur un tas d’ordures. Une petite fille passe et dépose à côté d’elle sa poupée de laquelle sortira un "maman" mécanique et vain. Le précédent film du réalisateur, "Still walking", nous a montré l’intérêt que Hirokazu porte aux relations humaines et la subtilité dont il fait preuve pour les décrire. Il n’est pas sûr que cette poupée gonflable soit le procédé le plus efficace pour les aborder.Etrange conte et fable cruelle. Cette poupée gonflable qui s’anime peu à peu nous semble d’abord bien naïve et enfantine. Mais elle va servir de révélateur au sujet de la solitude vécue dans le monde contemporain et du désir de tout être humain d’être aimé pour lui-même, d’être aimé pour quelque chose qu’il est seul à pouvoir donner. On peut comprendre aussi cette fable comme exprimant le souhait d’une femme de ne pas être réduite à un objet sexuel. Des personnages satellites plus ou moins esquissés contribuent à faire découvrir les joies et les souffrances apportées par le fait d’avoir un coeur : une petite fille dont le père souhaite l’anniversaire au restaurant, un vieil homme qui demande qu’on lui touche le front, un employé de vidéo club qui apprend à la poupée gonflable à découvrir les fleurs puis l’amour..... Mais le fin étonne : que signifie cette incapacité à comprendre qu’elle est la cause de la mort de son amant ? Son échec à devenir totalement humaine vient-il de son désir naïf d’avoir un coeur et surtout d’être reconnue comme en ayant un ? Et de son refus de la solitude, inévitable ? Ce qui nous vaut une dernière scène, pathétique, où son "corps" gît abandonné sur un tas d’ordures. Une petite fille passe et dépose à côté d’elle sa poupée de laquelle sortira un "maman" mécanique et vain. Le précédent film du réalisateur, "Still walking", nous a montré l’intérêt que Hirokazu porte aux relations humaines et la subtilité dont il fait preuve pour les décrire. Il n’est pas sûr que cette poupée gonflable soit le procédé le plus efficace pour les aborder.

(Maguy Chailley)