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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Angèle et Tony

(France – 2010 - 1h27)

Réalisation : et Scénario : Alix Delaporte - Montage : Louise Decelle - Musique : Mathieu Maestracci
Interprétation : Clotide Hesme, Grégory Gadebois, Evelyne Didi
Auteur :

Alix Delaporte- Journaliste- reporter télé à l’agence Capa. Entre à la Femis section scénario en 98 ; filme les interventions télévisées de Zineddine Zidane pour Canal satellite. Réalise un premier court métrage en 2003 : Le piège, avec Roschdy Zem ; puis un second en 2006 Comment on freine dans une descente, Lion d’Or du meilleur court à la Mostra de Venise. Scénariste de séries Télé (Plus belle la vie, France 3, Fortunes , Arte. Angèle et Tony est son premier long-métrage et a obtenu le prix Michel d’Ornano en 2010.

Résumé :

Une jeune femme sortie de prison ne possède rien et ne connaît que son corps comme monnaie d’échange. Elle cherche à « se caser » grâce aux petites annonces afin de pouvoir reprendre la garde de son fils élevé par les grands-parents. Elle rencontre un marin pêcheur, un peu rustre mais brave type très simple. Comment concilier deux milieux, deux styles de vie, deux mentalités. C’est ce que raconte le film.

Analyse :

Ce qui frappe c’est le caractère de « taiseux » des personnages. Toujours intéressant à observer, surtout quand on est du genre plutôt « méditerranéen ». Et encore plus lorsque les acteurs arrivent par leur expression changeante à faire oublier qu’ils ne parlent pas. Rien à voir avec l’expressionnisme d’autrefois, mais toute une gamme de sentiments subtilement signifiés par des regards, des frémissements à fleur de peau.
Un jeu très intelligent qui éclaire la psychologie et l’évolution des rôles entre deux tempéraments, deux milieux, apparemment, si différents ; l’évolution des sentiments surtout de la part d’Angèle qui découvre ce que peut être une vie normale, et que l’amour est autre chose que la baise.
Mais d’où vient que le scénario, qui ne manque pas d’intérêt, semble parfois ficelé à la va-vite ? Certains critiques ont parlé de film « pudique » ; personnellement je le trouve plutôt « économe », voire faiblard. Les ellipses semblent servir à cacher la panne d’imagination. Au spectateur d’imaginer pourquoi la mère délinquante peut enlever son gamin sous les yeux de la grand mère sans que celle-ci ne bouge ; ou comment les mariés peuvent impunément planter la noce aux portes de la Mairie, histoire d’aller montrer à l’enfant ce qu’est un crabe ; ou le but de l’évocation du corps du père, marin noyé, qu’on a ou pas retrouvé. Et pourquoi cette insistance sur l’effort des parcours en vélo, à l’aller et au retour. Quand on ne peut pas pêcher le poisson... on le noie.
Par contre on aurait très bien compris à quoi servent les scènes de coït sans être obligés à y assister dans le détail.
N’est pas Dardenne qui veut, mais il faut bien un commencement à tout et celui-ci est prometteur.

(Arlette Welty Domon)