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Cinéma

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LES CONTES DE L'AGE D'OR

( Roumanie - 2009 - 1h20)

Réalisation : Cristian Mungiu, Ioana Uricaru, Hanno Höfer, Razvan Marculescu, Constantin Popescu - Scénario : Christian Mungiu - Image : Oleg Mutu, Alex Sterian, Liviu Marghidan - Montage : Dana Bunescu, Theodira Penciu, Ioana Uricaru - Musique : Hanno Höfer, Laco Jami - Son : Dania Bunescu - Production : MOBRA FILM
Interprétation : Alexandru Potocean, Avram Birau, Alexa Ion Sapdaru, Diana Cavaliotti, Vlad Ivanovs.
Auteur :

Christian Mungiu né en Roumanie en 1976 a été révélé à Cannes en 2007 avec 4 mois, 3 semaines et 2 jours. Il a rassemblé autour de lui pour ce film à sketches, des réalisateurs roumains de sa génération et qui ont tous connu l'ère Ceaucescu. Seul Constantin Popescu avait déjà réalisé un long métrage.

Résumé :

Les Contes de l’âge d’or évoquent les dernières années de l'ère communiste en Roumanie, à travers les histoires étonnantes des gens ordinaires. Ces légendes urbaines, à la fois comiques, étranges, émouvantes, puisent leur inspiration dans un quotidien souvent surréaliste, quand l'humour était le seul moyen de survie de tout un peuple. Elles restituent cette atmosphère et dressent ainsi à petites touches le portrait d'un pays soumis à la logique perverse d'une dictature.

Analyse :

Lorsque ce film a été présenté à Cannes, dans la sélection "Un certain regard", il comportait 6 contes. Dans sa forme actuelle sur les écrans il n'en comporte plus que quatre. Peut-être y'aura-t-il donc une suite ? Ceux qui ont été conservés manifestent un humour extraordinaire dans le dérisoire. La Légende de la visite officielle de Ioana Uricaru : dans un petit village, le maire et son assistant se préparent pour une visite officielle. On balaie le chemin de terre battue, on dresse le banquet, on sort les drapeaux, on repeint les barrières pour offrir l’image d’une Roumanie idéale... La Légende de l’instructeur zélé de Razvan Marculescu : un jeune membre du parti promet à ses supérieurs qu’il s’en ira, tel Jeanne d’Arc, bouter l’illettrisme hors des villages les plus reculés. Il arrive donc, tout endimanché, dans un village perdu où sa venue est acceptée avec plus ou moins de bonne volonté... La Légende du policier avide, de Constantin Popescu : c’est l’histoire d’un policier dont le beau-frère qui habite la campagne lui ramène un porc vivant pour les fêtes. Il va falloir transformer l'encombrant animal en boudin et pâté, sans alerter ni les voisins affamés et forcément délateurs, ni la police d’État. La Légende du photographe officiel de Hanno Höfer : les règles tacites du Parti communiste roumain stipulaient que sur les photos d'actualité le président Ceaucescu ne devait jamais retirer son chapeau devant les représentants du capitalisme occidental… Et à cette époque, Photoshop n’existait pas encore... Ce n'est évidemment pas la veine tragique de 4 mois, 3 semaines et 2 jours qui est exploitée ici mais la veine comique que l'on connaît peut-être plus dans le cinéma roumain. Ce qui frappe dans ces histoires c'est de savoir qu'elles se racontaient déjà à l'époque de Ceaucescu, manifestant ainsi la force de la dérision pour résister au désespoir. Mais avec le recul du temps elles n'ont rien perdu de leur fraîcheur et de leur finesse.

(Maguy Chailley)