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Cinéma

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GREEN ZONE

(USA - 2009 - 1H55)

Réalisation : Paul Greengrass - Scénario : Brian Helgeland - Photo : Barry Acroyd - Montage : Christopher Rouse - Musique : John Powell - Son : Simon Hayes - Décor : Dominic Watkins - Production : Universal Pictures, StudioCanal - Distribution : StudioCanal
Interprétation : Matt Damon (Roy Miller), Greg Pinnear (Poundstone), Brenda Gleeson (Brown), Army Ryan (Lawrie Dayne), Khalid Abdalla (Freddy), Igal Naor (Al Rawi)
Auteur :

Paul Greengrass, réalisateur anglais, s’est formé à la tradition du documentaire et a travaillé à la télé. Bloody Sunday (Ours d’Or Berlin 2002) révèle ses talents extraordinaires pour créer des émotions fortes (caméra portée, montage syncopé) et impliquer les spectateurs dans le drame irlandais. Vol 93 (2005) évoque avec force et émotion les attentats du 11 septembre. La mort dans la peau (2004) et La vengeance dans la peau (2008) se placent dans le créneau du thriller « paranoïaque ». Avec Green Zone, inspiré du livre d’un ancien journaliste Dans la Zone Verte : les Américains à Bagdad, le réalisateur aborde un thème plus politique.

Résumé :

Nous sommes en avril 2003. C’est la guerre en Irak. Le jeune commandant Roy Miller est chargé avec son unité de faire la preuve de l’existence d’armes de destruction massive (ADM) stockées par Saddam Hussein à Bagdad. Il découvre que les renseignements classifiés dont il dispose sont erronés. La situation est compliquée par l’arrivée d’un gouvernement provisoire créé et instrumentalisé par l’administration américaine.

Analyse :

Deux films de cinéastes américains avaient pour sujet la « sale » guerre d’Irak : Dans la vallée d’Elah de Paul Haggis (2006) et Redacted de Brian de Palma (2008). Film à suspense évoquant la mort suspecte d’un jeune soldat revenu d’Irak, ou pseudo documentaire dénonçant sans ambages les atrocités commises par l’armée américaine, ces oeuvres étaient très critiques à l’égard du gouvernement de Bush. Paul Greengrass est un Britannique réalisant à Hollywood des films d’action spectaculaires et bien ficelés. Voir par exemple les fameux films dits « Jason Bourne ». Dans Green Zone, l’intrigue et l’action se focalisent sur Roy Miller qui découvre qu’il y a « quelque chose de pourri dans le royaume » américain, que la guerre repose sur un mensonge (les ADM : armes de destruction massive) et que la politique consistant à annihiler les structures et les cadres de l’armée irakienne est une erreur grave. C’est beaucoup sur les épaules du jeune commandant à la tête énergique et au regard pur. Comme dans quantités de films hollywoodiens, le héros intègre n’hésite pas à défier les autorités au nom de la vérité et de la morale. Notre adhésion lui est évidemment acquise : la lutte pour la justice nous émeut depuis les westerns, Les raisins de la colère (Ford), Fury (Lang), Missing (Costa-Gavras), Les trois jours du Condor (Pollack)…
Greengrass démontre qu’il est possible de faire une analyse politique dans un film d’action, ce qui rend Green Zone si efficace ! La scène finale de la double poursuite du général irakien Al Rawi - dans la nuit et les ruelles tortueuses de la ville, sous l’œil froid des écrans embarqués en hélicoptères d’attaque ou celui des caméras portées, à lumière infrarouge, le tout ponctué d’une musique haletante – est vraiment hallucinante. La phrase clé du récit est dite par Freddy, opposant à Saddam et ses sbires mais aimant son pays par-dessus tout : Ce n’est pas à vous (les Américains) de décider pour nous !

(Alain Le Goanvic)