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Cinéma

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IN THE AIR

(U.S.A. - 2009 - 1h50)

Réalisation : et Scénario : Jason Reitman - Scénario : Jason Reitman, Sheldon Turner d'après le livre de Walter Kim
Interprétation : George Clooney (Ryan Bingham) , Anna Kendrick (Natalie), Jason Bateman (Craig Gregory), Vera Farmiga (Alex), Danny McBride (Jim) , Mélanie Mynskey (Julie Bingham)
Auteur :

Jason Reitman est né en 1977 à Montréal. Il est le fils du réalisateur et producteur Ivan Reitman installé à Los Angeles. Jason entre dans le bain du cinéma très jeune en faisant quelques apparitions dans les films réalisés par son père comme Jumeaux, S.O.S. Fantômes II, Un flic à la maternelle et Président d'un jour. Diplômé de la Harvard-Westlake School en 1995, il réalise, de 1998 à 2004 six courts-métrages. En 2006, il est révélé au grand public par Thank You for Smoking, film décapant sur le thème des lobbies, en particulier celui du tabac, qui va être un succès commercial et critique. C'est ensuite la confirmation avec Juno, en 2007, Oscar du meilleur scénario aux 80e Oscars du Cinéma, et énorme succès commercial. En 2009, il réalise In the Air. Le film obtient le Golden Globe du meilleur scénario.

Résumé :

Ryan Bingham est un consultant cynique qui excelle dans l'art du licenciement. Il est engagé par des chefs d'entreprise qui ne veulent pas se salir les mains. Pour accomplir ce travail, il voyage beaucoup en avion et collectionne les "miles" avec l'espoir d'obtenir la récompense suprême du grand voyageur, avec 10 millions de miles : une carte en graphite.

Analyse :

Le film est encadré par deux génériques qui nous font voir le monde d'en haut. Mais le sens de ce point de vue est radicalement différent selon qu'il correspond à la situation de Ryan pour qui la réalité se limite à ces voyages aériens le faisant aller de ville en ville rencontrer des hommes et des femmes qu'il ne reverra plus jamais après leur avoir annoncé leur sort, ou qu'il s'agit de la situation de celui qui, licencié, sent sa vie en suspend, et ne demanderait pas mieux que d'atterrir, comme nous le dit la chanson du générique de fin. Pour passer de l'une à l'autre de ces "vues aériennes", le spectateur va suivre Ryan dans ses préparatifs de déplacements soigneusement planifiés et méthodiquement organisés (un véritable ballet avec les objets qui n'est pas sans rappeler des scènes des "Temps modernes"). Sa vie de solitaire dans laquelle il se complait pourrait se poursuivre indéfiniment, d'aéroport en aéroport, de chambre d'hôtel en chambre d'hôtel, de bureau de licenciement en bureau de licenciement, s'il ne rencontrait quelques grains de sable qui vont enrayer peu à peu cette mécanique bien huilée. D'abord cette jeune femme recrutée par son entreprise qui menace de faire cesser son job et ses voyages, au nom de la rentabilité. Il s'efforcera de lui montrer l'inhumanité du procédé qu'elle a imaginé. Puis sa soeur qui se rappelle à lui à travers la demande qui lui est faite de photographier la silhouette des futurs mariés dans divers lieux où il voyage, silhouette qui empêchera désormais sa valise de fermer correctement. Enfin la rencontre de cette femme si séduisante, qui rivalise avec lui dans le compte des miles et la liberté sexuelle, en qui il trouve son maître.... Peut-on alors prendre au sérieux son évolution, qui le conduirait, après avoir fait auprès de son futur beau-frère hésitant, l'apologie de la vie à deux, au désir d'entrer lui-même dans une relation plus durable ? Chaque spectateur tranchera. Mais le réalisateur nous oriente dans une direction en gardant pour la fin les fragments d'entretien où les personnes licenciées évoquent le soutien que leur apporte ou leur a apporté le fait d'avoir une famille, de ne pas être seuls. "In the air" est à la fois une comédie et une satire sociale. On y reconnaît comme dans "Juno" le désir d'aborder un sujet grave sans tomber dans le pathos et sans juger les personnages.

(Maguy Chailley )