Logo de protestants.org
Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

logo   

Inglorious Basterds

(USA - 2009 - 2h28)

Réalisation : et scénario : Quentin Tarantino - Dir. Photo : Robert Richardson, ASC - Décors : David Vasco - Montage : Sally Menke, ACE - Production : Universal Pictures, The Weinstein Company, A Band Apart - Distribution : Universal Pictures International France
Interprétation : Brad Pitt (Lieutenant Aldo Raine), Mélanie Laurent (Shoshanna), Christoph Waltz (Colonel Hans Landa), Eli Roth (Sergent Donny Donowitz), Michael Fassbender (Lieutenant Archie Hicox), Diane Kruger (Bridget von Hammersmark), Daniel Brühl (Friedrich Zoller)
Auteur :

Talentueux scénariste, cinéaste, grand cinéphile (un peu tendance collectionneur, comme Scorsese), Quentin Tarantino a sa place à part dans le cinéma indépendant américain. Palme d’Or Cannes 1994 avec Pulp Fiction, sorte de polar jubilatoire où toutefois domine une grande violence. Kill Bill 1 et 2 (2003), Boulevard de la mort (2007) confirment une fascination quasi morbide pour la cruauté.

Résumé :

Dans la France occupée de 1940, Shosanna assiste à l’exécution de sa famille tombée entre les mains du très efficace colonel nazi Hans Landa. Réfugiée à Paris, elle devient exploitante de cinéma. Pendant ce temps, un groupe de soldats juifs américains mène des actions punitives en scalpant les nazis, sous la direction d’Aldo Raine (Brad Pitt extraordinaire). Ils en acquièrent une certaine notoriété, qui monte jusqu’à Hitler. À noter que le titre du film contient deux fautes - volontaires - d’orthographe. Cool, très cool.

Analyse :

Tarantino était très présent au Festival de Cannes 2009, où il présentait son nouveau film. L’acteur qui interprétait le très poli, et très odieux Colonel Landa, a obtenu à juste titre le Prix d’interprétation masculine… dominant avec maestria la riche histoire de l’occupation allemande en France, revue et corrigée par Quentin… Le cinéaste, déjà roi de la parodie du thriller (Reservoir Dogs) a cette fois ci effectué un mélange époustouflant de différents « genres », tels le western (mais plus dans le style de Leone que celui d’Anthony Mann…), le film de guerre (ce n’est pas Robert Aldrich), la comédie (on est loin de To be or not to be !). Tarantino nous offrirait-il une revanche très lointaine, en montrant deux juifs du Commando d’Aldo Raine massacrer une centaine de dignitaires nazis, y compris Hitler et Goebbels, le tout piégé dans un cinéma parisien ? Apparemment beaucoup de gens, qui se plaignent de l’étalement de la violence dans le cinéma actuel, auraient apprécié, sinon applaudi, devant ce (juste ?) bain de sang ! Et j’ajouterais qu’une femme (incarnée par la ravissante Diane Kruger) est étranglée sous nos yeux par le distingué Hans Landa, sans que cela ait soulevé une quelconque protestation de misogynie dans le public cannois. Le film n’est pas dénué de qualités. En particulier la première séquence, tournée comme une scène de western, est en soi une réussite. Il y a un hommage constant au cinéma français de cette époque, et la dernière scène, spectaculaire, contient une réminiscence très nette de Métropolis de Fritz Lang. La musique est émaillée de rappels de célèbres musiques de films (Morricone, Tiomkin). On ne s’ennuie pas, c’est certain, mais on a le droit d’être dubitatif sur le sens à donner à tout ce bric-à-brac.

(Alain Le Goanvic)

«