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Cinéma

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Je ne peux pas vivre sans toi

(Taïwan - 2008 - 1h32)

Réalisation : Leon Dai - Scénario : Leon Dai, Chen Wen-pin - Image : Hsiang-Yu Chang, Yung-Ming Chang, Hao-Pu Lin, Yih-Wen Chou - Musique : Tamio, Eric Lu
Interprétation : Yo Hsuan Chao - Chen Wen-pin - Chih-Ju Lin
Auteur :

Leon Dai est né en 1966 à Taïwan. Il a commencé à travailler comme acteur de théâtre puis à la télévision et au cinéma. Il réalise son premier long-métrage en 2002 "Taipei Twenty Something". Léon Dai est aussi écrivain et poète.

Résumé :

A Kaohsiung, sur l'île de Taïwan, Wu-Hsiung, chômeur et s.d.f., survit avec sa petite fille en travaillant occasionnellement comme plongeur. Celle-ci atteint maintenant l'âge d'aller à l'école et son père cherche à se mettre en règle avec la loi. Mais il découvre, auprès des services administratifs, qu'il n'a aucun droit légal sur sa fille, car la mère, au moment de la conception, était mariée à un autre homme et sa paternité n'est donc pas établie. Désespérée, Wu-Hsiung fait tout son possible pour prouver ses droits. Mais en vain.....

Analyse :

Ce film en noir et blanc nous fait cheminer d'abord dans une première partie où la vie quotidienne de Wu-Hsiung et de sa fille se déroule dans des conditions matérielles d'une grande précarité mais sans que cela semble affecter leur joie de vivre. L'amour paternel est particulièrement efficace et protecteur. Ces séquences sont émouvantes mais sans pathos. Nous y voyons de très belles images d'une vie pourtant misérable. Ce qui prime c'est leur amour mutuel, témoin ces très beaux plans de l'homme, sous l'eau, apercevant le visage de sa fille, penché vers lui, le veillant comme un ange gardien, flouté par l'eau.
La deuxième partie change totalement d'atmosphère. Une fois aux prises avec l'administration, Wu-Hsiung cherche par tous les moyens à obtenir la reconnaissance de ses droits sur sa fille. Ceci l'entraîne dans une quête ubuesque, où il se rend à la ville auprès de services sociaux à des années lumière de ce qu'il vit et peut comprend. Renvoyé de services en services, Wu-Hsiung ira même jusqu'au parlement où siège un de ses anciens camarades de classe. Le réalisateur joue ici sur l'incommunicabilité de ces univers. La tension monte jusqu'à ce que, poussé à bout, le père menace de se jeter du haut d'un pont avec sa fille dans les bras...
La troisième partie est peut-être moins convaincante ou plutôt plus convenue. Lorsqu'il sortira de prison après 2 ans, il reprendra son travail de plongeur mais privé maintenant de son ange gardien. L'accident qui lui arrive et l'envoie à l'hôpital lui permettra de reprendre contact avec l'institution où est scolarisée sa fille, devenue très bonne élève mais complètement mutique. On devine le "happy end". Il est dommage que cette dernière partie apparaisse comme mièvre par rapport à la puissance de ce qui a précédé. C'est sans doute à cause d'un accompagnement musical exagérément sentimental et mélodramatique. Mais le film vaut le déplacement grâce à sa thématique (l'amour paternel), son scénario efficace et de très belles images.

(Maguy Chailley)