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Cinéma

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La princesse de Montpensier

(France - 2010 - 2h15)

Réalisation : Bertrand Tavernier - Scénario et dialogues : Jean Cosmos, François-Olivier Rousseau, Bertrand Tavernier - Photo : Bruno De Keyser - Décor : Guy-Claude François - Musique : Philippe Sarde - Montage : Sophie Brunet - Production et Distribution : Studio Canal
Interprétation : Mélanie Thierry (Marie de Montpensier), Lambert Wilson (François de Chabannes), Gaspard Ulliel (Henri de Guise), Grégoire Leprince-Ringuet (Philippe de Montpensier).
Auteur :

Bertrand Tavernier, né en 1941 à Lyon, est réalisateur, scénariste et producteur. Il est président de l'Institut Lumière. Il a débuté au cinéma comme assistant de Jean-Pierre Melville. Comme critique il a collaboré aux "Cahiers du Cinéma" à "Positif". La vingtaine de films qu'il a réalisés depuis 1974 ("L'horloger de Saint Paul") ont toujours rencontré leur public, à travers une grande diversité de thèmes et de situations. Dans ses films il accorde beaucoup d'importance à la narration.

Résumé :

1562, la France est sous le règne de Charles IX, les guerres de religion font rage… Marie de Mézières, une des plus riches héritières du royaume, aime le jeune Duc de Guise, celui que l’histoire prénommera plus tard « le Balafré ». Son père, le Marquis de Mézières, guidé par le souci d’élévation de sa famille, la pousse à épouser le Prince de Montpensier qu’elle ne connaît pas.

Analyse :

Ce film à personnages multiples arrive à donner de la profondeur, non seulement à la princesse mais aussi à tous ces hommes qui lui tournent autour. Fidèle à l’esprit de l’oeuvre de Mme de La Fayette, Tavernier nous fait suivre les affres de l’amour chez Marie de Mézières et ceux qui lui font la cour. Restituant avec intensité le contexte d’une époque marquée par les guerres de religions et par l’utilisation des femmes comme monnaie d’échange pour le pouvoir et la richesse, ce film montre aussi l’évolution psychologique et affective de la grande adolescente qu’est Marie (au début du film elle a à peine 16 ans). Cette héroïne naïve et entière, va apprendre à ses dépens que la beauté peut être un malheur pour une femme surtout lorsqu’elle ne peut pas décider de son destin. Désirée par certains : de Guise, le duc d’Anjou, et aimée par d’autres : son mari (si maladroit dans sa jalousie aveugle), le comte de Chabannes (si émouvant dans sa maturité discrète). C’est ce dernier qui jette un regard lucide sur ces relations amoureuses empoisonnées par les jeux du pouvoir et les guerres de religion. C’est déjà lui qui voyait bien l’absurdité de ces guerres, ce qui l'avait conduit à renoncer à se battre, au risque d’être considéré par les deux camps comme un déserteur. Il cherchera, en vain, à aider Marie, écartelée entre son sens de l’honneur et ses inclinations.
De facture très classique, ce film nous enchante par la beauté des images, le jeu des acteurs et la subtilité des dialogues qui ne trahissent pas Mme de La Fayette.

(Maguy Chailley )