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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Le secret de Chanda

(Allemagne/Afrique du Sud - 2010 - 1h40)

Réalisation : Oliver Schmitz - scénario et dialogues : dennis foon - photo : bernhard jasper - décor : christiana roth - montage : dirk grau - musique : ali n.askin
Interprétation : Khomotso Manyaka (Chanda), Lerato Mvelase, Harriet Manamela, Keaobaka Makanyane
Auteur :

Oliver Schmitz est sud-africain. Il est né en 1960 au Cap. Après Mapantsula, tourné en 1988 et présenté à Cannes dans la sélection "Un certain regard", il ne réalise que des documentaires, grâce aux financements de la télévision allemande. En effet, après la fin de l'apartheid, les aides à la production sud-africaine sont allées essentiellement aux projets de noirs sud-africains. Avec "Le secret de Chanda" il renoue avec la fiction et avec la sélection "Un certain regard" du Festival de Cannes.

Résumé :

Dans la poussière d’un township proche de Johannesburg, Chanda, douze ans, découvre, à la mort de sa sœur à peine née, qu’une rumeur enfle dans le voisinage, détruit sa famille, et pousse sa mère à fuir. Devinant que ces commérages se nourrissent d’a priori et de superstition, Chanda part à la recherche de sa mère et de la vérité…

Analyse :

Le titre anglais du film, "Life above all", rend mieux compte de la thématique du film : l'essentiel c'est la vie, tant qu'elle est là. Ce film nous fait découvrir les résistances à la reconnaissance du SIDA par la population sud-africaine. Dans cette famille démunie, de la campagne, le refus de la maladie se manifeste par des allégations traditionnelles d’envoûtement, de mauvais sort, ce qui empêche évidemment des soins appropriés. On invoque même la punition d’une culpabilité antérieure... Chanda, la fille aînée de cette famille, adolescente très tôt responsabilisée, va comprendre peu à peu ces faux semblants et les refuser. Elle va résister aux calomnies et incompréhensions du voisinage, pour tenter de sauver sa mère ou, tout au moins de lui accorder une fin de vie décente. Il y a beaucoup de personnages féminins dans le film un peu comme si les hommes étaient absents de ces préoccupations ou voulaient s'en tenir éloignés. La mère d'abord, victime plus ou moins consentante, aux comportements traditionnels qui lui font accepter son sort. Sa voisine, à la fois bienveillante puisqu'elle prend souvent en charge les enfants de la malade, et hostile car elle craint que soit révélée la vraie raison de la mort de son fils. Chanda la clairvoyante et obstinée dans sa quête de la vérité. Elle est l'amie fidèle d’une petite compagne rejetée elle aussi par des villageois hostiles... Tous ces personnages nous paraissent parfois un peu sur joués. Mais ce film est sûrement nécessaire, en Afrique du Sud où le sujet reste tabou. Il est aussi utile pour nous, en montrant combien on ne peut vaincre la maladie, ou tout au moins redonner aux malades leur dignité, qu'en refusant d'en faire une punition du ciel.

(Maguy Chailley)