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Cinéma

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LES CHEMINS DE LA LIBERTE

(USA - 2010 - 2h14)

Réalisation : Peter Weir - Scénario : Peter Weir d'après l'ouvrage de Slawomir Rawicz "A marche forcée" - Photo : Russell Boyd - Décors : John Stoddart - Montage : Lee Smith - Distribution France : Metropolitan Film Export
Interprétation : Colin Farrell, Jim Sturgess, Ed Harris, Saoirse Ronan, Mark Strong, Dejan Angelov, Dragos Bucur, Sattar Dikambayev, Sally Edwards, Igor Gnezdilov...
Auteur :

Peter Weir est né en Australie en 1944. Son premier long métrage date de 1973 Les voitures qui ont mangé Paris. Plusieurs autres films suivront dont L'année de tous les dangers en 1982. Suite au succès international rencontré par ses derniers films, Peter Weir part poursuivre sa carrière aux États-Unis avec Witness (récompensé par le César du meilleur film étranger et huit citations aux Oscars américains) en 1985 et Mosquito Coast l'année suivante, deux films avec Harrison Ford en vedette dans des rôles inhabituels pour lui. Le Cercle des poètes disparus avec Robin Williams sera un important succès populaire en 1989 et Green Card (1990) avec Gérard Depardieu et Andie MacDowell lui permet d'aborder la comédie romantique. Le succès populaire et critique reviendra avec The Truman Show (1998) où Jim Carrey est, en vérité, prisonnier d'un programme de téléréalité. En 2003, il réalisé Master and Commander : De l'autre côté du monde, une épopée navale avec Russell Crowe, qui est encore une fois un énorme succès.

Résumé :

En 1940 une petite troupe de prisonniers parvient à s'évader d'un camp de travail sibérien. Ils vont ensuite parcourir plus de 10 000 kms à travers la toundra sibérienne, les plaines de Mongolie, les fournaises du désert de Gobi puis les sommets de l'Himalaya.... Certains s'arrêteront en chemin, d'autres ne survivront pas aux épreuves.

Analyse :

A première vue on peut reprocher à ce film d'avoir voulu trop typer, d'un point de vue psychologique, les différents personnages engagés dans cette évasion et cette longue marche. D'où des profils un peu forcés : l'officier polonais, gentil et capable de lire tous les signes de la nature - l'américain dont le cynisme sera tout de même vaincu par la jeune femme dont il déjoue les mensonges - le délinquant brutal et soupe au lait, fervent admirateur de Lénine et Staline - l'artiste dessinateur toujours en quête de croquis pris sur le vif - l'ancien pope dévoré par la culpabilité d'un crime accompli de sang-froid.... Mais c'était sans doute nécessaire pour donner du relief à cette longue randonnée au cours de laquelle la beauté des paysages n'aurait pas suffi à soutenir l'intérêt des spectateurs. D'autant que le livre dont est tiré ce film ("A marche forcée" de Slavomir Rawicz) contenait surtout des récits centrés sur la géographie des régions traversées et la description des moeurs des rares populations rencontrées. Peter Weir a sans doute voulu échapper à une oeuvre trop strictement documentaire. Et de fait il introduit dans le récit deux éléments fort intéressants :
- cette jeune femme recueillie par le groupe des évadés qui dissimule d'abord sa vraie histoire, pour pouvoir être acceptée par eux, finira par faire dire à chacun une partie au moins de sa vérité et de son passé, alors que tous ces hommes entre eux ne se sont rien confié d'eux-même, tout à leur méfiance réciproque. Le féminin ici est ce qui aide à révéler.
- l'idée que la femme de Janus, l'officier polonais, ne pourra jamais se pardonner de l'avoir trahi, sauf s'il revient et lui pardonne lui-même. Ce qui est pour lui une motivation forte à aboutir dans son évasion et sa cavale. Alors que l'américain, lui, ne pourra jamais se pardonner d'avoir emmené son fils David avec lui à Moscou et d'avoir ainsi causé sa mort.
Cela permet à ce film d'être plus qu'une simple chronique d'une longue marche vers la liberté.

(Maguy Chailley)