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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Miral

(USA/Palestine mais co-production Angleterre, Israël, Italie...)
01h52min, 2010

Réalisation : Julian Schnabel. Distribution : Pathé. Scénario : Rula Jebreal. D'après le roman Miral de Rula Jebreal.
Interprétation : Hiam Abbass (Hind Husseini), Yasmine Elmasri (Nadia), Freida Pinto (Miral), Alexander Siddig (Jamal), Omar Metwali (Hani), Willem Dafoe (Eddie), Vanessa Redgrave (Berta Spafford), Ruba Blal (Fatima) et Stella Schnabel (Lisa).
Auteur :

Né en 1951, Julian Schnabel est d'abord connu en tant qu'artiste peintre, diplômé des Beaux-arts à Houston, dont la première exposition a eu lieu en 1979 et dont les œuvres sont exposées dans les plus grands musées du monde. Il fait parti du courant néo-expressionniste (Bad painting aux USA). C'est en tant qu'artiste qu'il fait son premier film documentaire sur Basquiat (peintre-graffitteur) et il s'inscrit désormais dans le septième art avec Avant la nuit, en 2001, fiction sur la vie de l'écrivain cubain Reinaldo Arenas. Puis en 2007 Le Scaphandre et le papillon tiré du livre de Jean-Dominique Bauby est présenté avec succès dans plusieurs festivals, dont Cannes. Après un nouveau documentaire, musical cette fois : Lou Reed's Berlin en 2008, il rencontre, lors d'une de ses expositions en Italie, la journaliste Rula Jebreal et décide d'adapter son roman Miral, publié en 2000.

Résumé :

Le film débute en 1994 à l'enterrement de Hind Husseini, puis revient en 1947 au moment où la vie de cette Palestinienne aisée, qui a fêté un Noël dans la communauté privilégiée des ambassades, croise des enfants fuyant leur village massacré. Son destin sera ce pensionnat qu'elle crée pour eux et qui existe encore aujourd'hui « la Maison des Enfants ». L'histoire est contée, en voix off par Miral, élevée par Hind depuis l'âge de sept ans. Autour d'elle une lignée de femmes nous apparaissent avec leur histoire : Nadia, la mère suicidée et Fatima, l'infirmière terroriste mais aussi Lisa, l'amie israélienne. L'amour de Miral pour Hani, membre de l'O.L.P. s'accorde avec sa révolte mais l'éducation donnée par Hind se révèle être aussi son avenir.

Analyse :

Encore un film palestinien ? Non car l'auteur, américain, n'est pas partisan d'une cause politique mais traite son œuvre en artiste. Il utilise de très gros plans, comme la première image d'un drapé blanc, de la même façon que les détails de tableaux. Parfois le cadre serré nous déroute, seul le travelling arrière donne la signification de la scène. Les formes et les couleurs sont à la base de son émotion, il ne s'agit pas là d'esthétisme, seulement d'un langage pour transmettre ce qui lui semble important. Hiam Abbass, magnifique interprète, dit : « Je me sentais comme une couleur dans la main de Julian Schnabel et avec sa brosse il faisait ce qu'il voulait de moi ». Ces femmes qui font entendre leur voix, là est le vrai thème humaniste du film. C'est la voix de Rula Jebreal, aujourd'hui journaliste en Italie, qui par son témoignage a voulu rendre hommage à la vraie Hind Husseini, et qui nous raconte un peu sa propre histoire par l'intermédiaire de Miral. Choisir l'éducation au lieu de sombrer dans le terrorisme, le message semble un peu naïf mais c'est pour que l'on empêche pas les enfants de faire ce choix que « Dar El-Tifl », la Maison des enfants doit continuer à exister dans Jérusalem-Est. Lorsqu'il ne se cantonne pas au documentaire pur Julian Schnabel adapte des écrits pour en faire un travail plastique relevant de son imagination, de la même manière sa peinture figurative utilise des matériaux hétéroclites pour ancrer la puissance de l'image dans une réalité. Si on n'est pas sensible à son cinéma, on peut l'être à sa peinture.

(Arielle Domon)