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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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QUI A ENVIE D’ETRE AIME ?

(France - 2010 -1 h 29)

Réalisation : Anne Giafferi d’après l’œuvre de Thierry Bizot - Directeur de la photographie : Jean-François Hensgens - Monteur : Christophe Pinel - Compositeur : Jean -Michel Bernard - Son : Benjamin Jaussaud, Olivier Laurent, Christophe Vingtrinier - Distribution France : Haut et Court.
Interprétation : Eric Caravaca (Antoine), Arly Jover (Claire), Valérie Bonneton (Hortense) Jean-Luc Bideau (Père d’Antoine et d’Alain), Benjamin Biolay (Alain), Philippe Duquesne (le prêtre).
Auteur :

Anne Giafferi travaille d’abord pour la télévision depuis 2003 comme adaptatrice (Poil de Carotte,Le Silence de la Mer) puis scénariste (Petits meurtres en famille, Des fleurs pour Algernon). On la connaît par des téléfilms (Petits Meurtres d'Agatha Christie) et la série Fais pas ci, fais pas ça. Elle passe enfin à la réalisation avec ce long métrage pour le cinéma, Qui a envie d'être aimé ? adaptation du livre Catholique Anonyme de Thierry Bizot, son compagnon.

Résumé :

Antoine, marié, deux enfants, brillant avocat, a le profil-type du quadragénaire qui a réussi sa vie. Un soir, afin d’être poli envers le professeur principal de son fils qui l’a invité, il assiste à une séance de catéchèse. Par la suite, sa curiosité se transforme en une recherche véritable qui le pousse à se remettre en cause, lui et ses rapports avec son entourage.

Analyse :

Lors des premières séances de catéchèse, Antoine annonce qu’il ne croit pas et pourtant, ainsi que le lui fait justement remarquer le prêtre, il revient (2 fois par semaine et pendant 2 mois). Sa curiosité initiale, pour ne pas nuire à son fils Arthur vis-à-vis de son professeur principal, s’est transformée en intérêt puis en recherche (il a acheté une Bible). Dans une chapelle isolée, face à une statue de Jésus aux liens, il manifeste une émotion intense et de cette rencontre il gardera l’amour pour Jésus. Cet amour le délivre et le rend apte à s’ouvrir aux autres : il ne se sentira plus supérieur aux autres catéchistes, il retrouvera la confiance et l’amour de son fils, il osera demander à son père de lui témoigner un peu de tendresse et continuera à être le patient confident de sa sœur Hortense qui n’arrive pas à retenir l’amour d’un homme, et le jeu de Valérie Bonneton en exprime bien le désarroi. Par contre, sa main tendue vers son frère Alain se soldera par un échec et l’interprétation de ce personnage violent par Benjamin Biolay est saisissante.
Certains n’ont retenu que l’aspect caricatural de la conversion d’Antoine à travers les réactions des amis du couple qui le mettent en garde contre les sectes. L’attitude de Claire, son épouse (Arly Jover) est hostile et le pousse à lui cacher qu’il suit une catéchèse ; ces réactions entraînant chez lui un certain sentiment de honte. Mais on peut être sensible à l’évolution intérieure d’Antoine – remarquablement interprété par Eric Caravaca tout en retenue et émotion. Antoine a-t-il vraiment « découvert la Foi » ? Ne pourrait-on plutôt penser qu’il avait cette graine en lui, plantée dans sa jeunesse par l’éducation familiale, et que cette graine a germé puis éclos à un moment favorable. Car on apprend au cours d’une soirée de confidences frère-sœur que lorsqu’ils étaient enfants, leur mère leur faisait faire la prière tous les soirs au pied du lit et sous le crucifix et que ce moment était vécu avec beaucoup d’émotion.
L’amour de Jésus de changera pas le mode de vie d’Antoine mais l’aidera à mieux aimer les siens et sa femme en particulier qui se faisait tant de souci d’être évincée.

(Simone Clergue)