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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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SANS QUEUE NI TETE

(France - 2010 - 1H35)

Réalisation : Jeanne Labrune - Scénario : Jeanne Labrune et Richard Debuisne - Musique : André Mergenthaler - Production : Jani Thiltges - Distribution : Rezo Films
Interprétation : Isabelle Huppert (Alice Bergerac) – Bouli Lannes (Xavier Demestre) – Richard Debuisne (Pierre Cassagne) – Sabila Moussadek(Juliette) – Valérie Dréville (Hélène Demestre) – Mathieu Carrière (Robert Masse) – Didier Bezace (l’homme heureux et triste) – Frédéric Longbois (le travesti).
Auteur :

Jeanne Labrune est née en 1950. Après des études littéraires et artistiques elle travaille pour la T V et réalise plusieurs téléfilms et des courts-métrages à partir de 1978, puis elle passe aux longs-métrages en 1985. Se succéderont : La Part de l’autre, De sable et de sang, Sans un cri, Si je t’aime prends garde à toi. A partir de 2000, elle s’oriente vers une écriture plus légère, avec Ca ira mieux demain, C’est le bouquet, films enfin appréciés du public. Des « fantaisies » dit-elle....

Résumé :

Alice, prostituée indépendante, ne supporte plus ses clients. Xavier, psychanalyste, est las d’écouter les soliloques du divan. Alice veut entreprendre une analyse pour trouver la force de changer de vie. Xavier, que sa femme vient de quitter fait appel à une prostituée pour tromper sa solitude. Alice et Xavier se rencontrent. Ce qui pourrait être le début d’une romance devient l’heure de vérité et peut-être la première étape d’un nouveau départ.

Analyse :

Est-ce bien d’une « fantaisie » qu’il s’agit cette fois ?
Jeanne Labrune et son co-scénariste se sont longuement concertés sur la mise en situation de deux professions « comparables », la psychanalyse et la prostitution : lieu clos, discrétion, présence accordée un temps limité contre de l’argent (liquide de préférence), rituels, non-implication des « praticiens »…Tout bascule quand, au même moment, Alice et Xavier qui ne veulent plus ni se vendre ni jouer, ni acheter, se rencontrent : ils se sont dépouillés de leurs faux-semblants. Ils se rencontrent alors de personne à personne et non plus de personnage à personnage. Aussi Alice n’aura-t-elle pas besoin d’une analyse et Xavier pourra retrouver sa femme. Les séquences alternent, s’enchaînent rapidement sans s’appesantir. Les personnages jouent en permanence sur les mots : et il y en a de savoureux ! Les objets, comme dans d’autres films de J.Labrune, jouent aussi un rôle qui est loin d’être négligeable : le parcours d’un ange en bois doré, messager entre les protagonistes tout au long du film, illustre symboliquement les échanges entre eux, à la recherche de leur vérité. Ce film est-il une charge contre la psychanalyse ? Oui et non. Une caricature humoristique plutôt, à laquelle le personnage du «bon médecin» apporte une confirmation par son humanité. Ajoutons que les patients de l’hôpital sont joués par une troupe de comédiens eux-mêmes hospitalisés.

(Madeleine Dermenghem)