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Cinéma

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Simon Werner a disparu

(France - 2010 - 1h27 )

Réalisation : Fabrice Gobert - Scénario et dialogues : Fabrice Gobert - Photo : Agnès Godard - Montage : Peggy Koretzki - Son : Martin Boisseau - Musique : Sonic Youth
Interprétation : Ana Girardot, Jules Pelissier, Arthur Mazet, Laurent Delbecque, Laurent Capelutto, Serge Riaboukine
Auteur :

Fabrice Gobert est français, né en 1974 au Chesnay. Il réalise ici son premier film dont il nous dit qu'il est en partie autobiographique. Ayant vécu au cours de sa scolarité des événements de ce genre, il s'aperçut 15 ans après à quel point il n'arrivait pas à faire la part de ce qui avait été réel et ce qui avait été fantasmé. Il se dit aussi fasciné par les "teen-movies".

Résumé :

Au lycée Léon Blum, un élève de Terminale C, Simon Werner manque à l’appel. Des traces de son sang sont retrouvées dans une salle de classe. Fugue, enlèvement, suicide, meurtre ? Toutes les hypothèses sont envisagées par ses camarades.

Analyse :

Ce film nous immerge dans la vie quotidienne de jeunes lycéens. La disparition de l'un d'entre eux, Simon, suivi de celle d'une lycéenne puis d'un autre lycéen, font surgir toutes sortes d'hypothèses qui apparaissent dans les conversations des uns et des autres et témoignent de leur univers mental. On y voit ainsi se dessiner des relations sociales pénétrées par la recherche de la séduction d'autrui comme assurance sur sa propre identité. Les mêmes événements seront suivis successivement à partir du regard de Jérémie, Rabier, Ana, Simon. Ce procédé fait bien sûr penser à "Elephant" de Gus Van Sant. Mais ce qui l'en différencie c'est que c'est à travers leurs fantasmes que nous nous approcherons peu à peu de la vérité, après avoir erré souvent sur de fausses pistes, car bien sûr, les fantasmes des uns et des autres ne se recouvrent pas. Les dialogues ici sont importants car ils nous font accéder à la psychologie de ces jeunes. Ce qui frappe chez eux c'est la pression du groupe, la dépendance vis à vis de l'opinion d'autrui, et la référence obsessionnelle au sexe, surtout chez les garçons. Mais nous sommes dans un établissement de banlieue plutôt préservée et le dénouement n'aura pas le côté tragique qu'on aurait pu redouter. Cette banlieue "clean" mais monotone est sans doute propice à des débordements de l'imagination, pour échapper à un quotidien morne. Commencé comme un thriller le film devient peu à peu beaucoup plus psychologique. Et il est en cela servi par d'excellents jeunes acteurs.

(Maguy Chailley)