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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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SOMEWHERE

(USA - 2010 - 1H 38)

Réalisation : et scénario : Sofia Coppola - Photo : Harris Savides - Musique : Phoenix - Montage : Sarah Flack - Son : Richard Beggs - Distribution : Pathé Films
Interprétation : Stephen Dorff (Johny Marco) – Elle Flanning (Cleo) – Chris Pontius (Sammy)
Auteur :

Fille du célèbre réalisateur Francis Coppola, Sofia Coppola a connu très jeune le monde du cinéma : actrice (chez son père), styliste, productrice, enfin et surtout réalisatrice : Virgin Suicides (2000), qui la révéla – puis Lost in translation (2003) où elle affirma son talent, et Marie- Antoinette (2006), somptueux et quelque peu désinvolte ! Somewhere a obtenu le Lion d’Or à Venise en 2010.

Résumé :

Un acteur célèbre, adulé par les femmes, mais ne sachant que faire de sa vie, redécouvre, à l’instigation de son ex, qu’il est père d’une jeune fille de 11 ans, Cléo. Il vit au Château Marmont à Los Angelès. Il doit l’emmener en colonie de vacances dans les montagnes californiennes. Cléo va partager sa vie pendant quelques jours.

Analyse :

On peut se demander si Sofia Coppola ne recherche pas dans ce film à exorciser quelques mauvais souvenirs, quelques remontées douces-amères d’une enfance difficile, avec un père génial et mégalomane, ballottée dans le monde du ‘showbiz ‘, strass et paillettes, où l’apparence compte plus que tout le reste ! C’est probable et ce qui et intéressant c’est le film qu’elle en déduit. Dès la première séquence, le décor est mis : l’ennui et le vide ! Johny Marco fait des tours avec sa Ferrari noire (remarquable prise de son moteur !) : elle apparaît, disparaît, apparaît. Quatre tours, il sort de la voiture, sort du champ de gauche à droite. Dernière image : après avoir accompagné sa fille dans sa colo, il roule, puis s ‘arrête sur le bord de la route, sort de la voiture. La caméra le cadre de dos puis de face. Il marche vers l’horizon. Entre ces deux séquences, plus d’une heure trente où le héros montre sa vacuité. Les belles créatures rencontrées et consommées ; la fillette, la grâce même où perce la femme future ; le succès auprès des journalistes, rien pour combler une vie dénuée de sens. En fait le film tournerait un peu à la fable philosophique : qui suis-je ? que puis je faire ? que m’est il permis d’espérer ? Ce n’est pas le cas, Sofia veut seulement montrer.
La réalisatrice se borne, par des séquences étirées et répétitives à nous faire sentir le vide et l’absence à soi-même de Marco. L’impression qu’on en retire est celui d’une certaine exagération vis-à-vis du spectateur, qui pourrait ne pas avoir compris la démonstration ?!
Plus poignant est le poids du non-dit entre le père et la fille, qui se contentent de passer le temps. Un beau passage : Cleo fait un numéro de patinage artistique devant son père, seul spectateur. Il est émerveillé (il y da quoi) mais ne trouve que des banalités à dire. Au moment de la séparation, les larmes de sa fille le touchent. Celle-ci pleure sur l’absence de sa mère et de son père. Elles provoqueront les propres larmes de Johny qui se confie à son ex-femme au téléphone. Deux rares moments d’émotion dans un film où la distanciation est de mise.

(Alain Le Goanvic)