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Cinéma

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SOUL KITCHEN

(Allemagne - 2009 - 1h39)

Réalisation : Fatih Akin - Scénario : Fatih Akin et Adam Bousdoukos - Images : Rainer Klausmann - Son : Kai Lüde - Pyramise Distribution
Interprétation : Adam Bousdoukos (Zinos, le patron) - Moritz Bleibtreu (Illias, le frère de Zinos) - Pheline Roggan (Nadine, la petite amie) - Anna Bederke (Lucia, la serveuse) - Wotan Wilke Morhing (Thomas le promoteur) - Birol Unuel (le cuisinier)
Auteur :

Fatih Hakin est un scénariste, réalisateur, producteur allemand. Né en 1973 d'une famille d'origine turque, il commence à jouer le "turc de service" dans les téléfilms. Après deux courts-métrages, il réalise "L'engrenage" en 1998. Suivront "Julie en juillet" (2000) et "Solino" (2002). Sa notoriété commencera vraiment avec "Head One" (2004) qui reçoit L'ours d'or au festival de Berlin. Après un documentaire sur la richesse de la scène musicale turque ("Crossing the bridge" 2005), il réalise "De l'autre côté" en 2007. Ce film a remporté de nombreux prix dont celui du meilleur scénario au Festival de Cannes. "Soul Kitchen" a obtenu le prix spécial du jury à Venise en 2009.

Résumé :

Zinos, jeune restaurateur à Hambourg, traverse une mauvaise passe. Sa copine, Nadine, est partie s'installer à Shanghai, les clients de son restaurant, le Soul Kitchen, boudent la cuisine gastronomique de son nouveau chef, et il a des problèmes de dos. Son frère, en régime de semi liberté, lui demande de l'employer dans ce restaurant. Les décisions qu'il prendra seront désastreuses....

Analyse :

La première surprise évidemment c'est de se trouver dans une comédie. Les films précédents de Fatih Hakin nous ont habitués au drame et à l'interrogation sur le "territoire" mental auquel peuvent appartenir les immigrés turcs en Allemagne. Dès le début de "Soul Kitchen", la musique guillerette et très rythmée qui accompagne en contraste les premières images peu attractives et peu réjouissantes (un véhicule utilitaire décati arrivant dans une friche industrielle ....) nous situe dans un registre de légèreté. Si certains des protagonistes sont bien d'origine étrangère (grecs et turcs), ils sont chez eux à Hambourg. Et dans ce film, les "basanés" sont les gentils, et les blonds germaniques les méchants. Donc pas de message socio-ethno-politique mais juste un divertissement dans lequel il ne faut pas chercher de vraisemblance. On peut alors se laisser aller à sourire (les préparatifs culinaires) voire à rire (chez le rebouteux turc) devant cette cascade de situations catastrophes dans lesquelles Zinos se débat. La musique (et la danse) occupe une large place dans ce récit car le restaurant "Soul Kitchen" de Zinos accueille des fans de rythmes déjantés. Gageons que la jeune génération saura particulièrement s'y reconnaître. Mais on peut préférer l'ancienne manière de Fatih Hakin et souhaiter qu'il y revienne.

(Maguy Chailley)