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Cinéma

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Sous toi, la ville

(Françe / Allemagne - 2010 - 1h 45)

Réalisation : Christoph Hochhaüsler - Scénario et dialogues : Chritoph Hochhaüsler, Ulriche Peltzer - Photo : Bernhard Keller - Décor : Tim Pannen - Montage : Stefan Stabenow - Production : HEIMATFILM GMBH
Interprétation : Christoph Hochhaüsler - Scénario et dialogues : Chritoph Hochhaüsler, Ulriche Peltzer - Photo : Bernhard Keller - Décor : Tim Pannen - Montage : Stefan Stabenow - Production : HEIMATFILM GMBH
Auteur :

Christoph Hochhaüsler est allemand. Il est né en 1972 à Munich. Il fait partie de la nouvelle vague du cinéma allemand. Il est l'un des fondateurs de la revue Revolver. Ses deux premiers longs-métrages sont Le bois lacté (2003) et L'imposteur (2005). Sous toi, la ville a été présenté au festival de Cannes dans la sélection "Un certain regard".

Résumé :

Roland, manager de banque, tombe amoureux de Svenja, la femme d’un de ses employés. Entre eux va naître une relation secrète, qui devient de plus en plus sérieuse. Roland profite alors de son pouvoir pour faire muter le mari de Svenja dans une autre ville. Mais quand celle-ci apprend ce que son amant a fait, elle se sent manipulée et met un terme à leur relation. Pour lui, le monde s’écroule.

Analyse :

On retiendra d'abord de ce film quelques images fortes : ces banquiers se retrouvant autour d'une table, en haut d'une tour de verre, et qui décident du sort du monde de la finance et de tous ceux qui en dépendent, tels les Dieux de l'Olympe dominant (surplombant) les simples mortels. A ces simples mortels l'un d'entre eux va se mêler, mais toujours doté d'un pouvoir quasi divin (ne vient-il pas d'être nommé "banquier de l'année").... Ici apparaît alors la référence au roi David envoyant Urie au combat pour s'approprier son épouse Bethsabée. Ce n'est pas la guerre qui fait disparaître le mari de Senja mais une mission en Indonésie dont Roland, son patron, se garde bien de lui signaler tous les dangers (son prédécesseur y a été enlevé et a eu les mains coupées) ! Autre image forte : celle de Roland et Senja en robe verte, au cours d'une soirée, suivis par la caméra tous les deux de dos, dans une diagonale qui les éloigne de plus en plus de nous et les fait aller vers leur "destin". Car l'issue de cette histoire de "démon de midi" nous semble tracée d'avance. Roland use de tout son pouvoir pour séduire Senja, qui y est sensible bien sûr et voit sans doute dans cette aventure la possibilité d'échapper au rêve petit bourgeois de son couple. Alors, est-ce le désir qui mène le monde ? Ou est-ce l'argent, et le pouvoir qu'il donne pour assouvir ses désirs ? Dans cette relation, où chacun ment à l'autre, ni amour, ni sentiment perceptible. Est-ce cette image du monde, un monde désespérant, que veut nous donner le réalisateur, un monde de parois de verre, de couloirs sans fin ? Ce qui expliquerait la fin ouverte du film : l'amorce d'un mouvement insurrectionnel.

(Maguy Chailley)