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Cinéma

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TÉHÉRAN

(Iran, France, 2009, 1h35mn)

Réalisation : Nader T. Homayoun - Scénario : Nader T. Homayoun, Jean-Philippe Gaud, Mehdi Boustani, sur une idée de Nader T. Homayoun - Montage : Jean-Philippe Gaud - Distributeur : Haut et Court.
Interprétation : Ali Ebdali (Ebrahim), Farzin Mohades (Fatah), Missagh Zareh (Madjid), Sara Bahrami (Zahra), Attila Pessiani (le loueur).
Auteur :

Nader T. Homayoun, franco-iranien, est né à Paris en 1968. Diplômé de la FEMIS en section réalisation, auteur de sept courts, dont C’est pour bientôt (2005), et moyens métrages et un long métrage documentaire : Iran, une révolution cinématographique (2005) primé dans de nombreux festivals, sur l’histoire du pays et des cinéastes iraniens. Téhéran son premier long-métrage a déjà été récompensé à Venise en 2009 et à Angers et Fribourg en 2010.

Résumé :

Ebrahim gagne sa vie à Téhéran en mendiant avec un bébé qu’il loue à un trafiquant. Fatah le taxi et Madjid, jeune étudiant partagent avec lui l’appartement où tous s’occupent du bébé. Mais Madjid sera assez maladroit pour se faire voler l’enfant par une étudiante-prostituée. La femme enceinte d’Ebrahim arrive à l’improviste du village et découvre qu’il lui a menti sur sa situation. Elle veut l’aider malgré tout. Pour rembourser le loueur, les trois compères devront participer à de fausses descentes de police islamique bien rémunérées, tout en suivant la piste de la prostituée ! Zahra, sa femme, entrera aussi dans l’illégalité mais la ville n’est pas facile à quitter quand on veut faire justice soi-même.

Analyse :

« Je filme comme on braque une banque » déclare Nader Homayoun, pour qui le véritable personnage du film est Tehroun (Téhéran en argot). A la fin du générique il remercie « les habitants de Téhéran qui, de près ou de loin ont traversé ce film ». Sans autorisation officielle il a bénéficié de la période électorale pour faire croire au tournage d’un documentaire. Ceci explique les premiers plans nombreux de circulation automobile qui ajoutent à la pression qu’exerce la mégalopole sur ceux qui cherchent à gagner de l’argent. La réalité des extérieurs et un vrai rythme du récit nous accrochent et donnent pour la première fois l’impression de pénétrer dans cette ville, du nord au sud.
Tout en dénonçant les travers d’une société d’où ne peut venir aucune aide, Nader dresse les portraits de trois amis solidaires et la relation d’un couple loin de nos idées reçues et des standards de la civilisation islamique. Ebrahim, à la fois nerveux et fragile, ira jusqu’au bout de la violence, porté par l’amour de sa femme et la volonté d’être plus fort que les mafieux.
C’est une peinture de la réalité civile et une aventure humaine , avec son regard quasi-documentaire. C’est un film de genre réussi, incorporant tous les ingrédients d’un bon film d’action !

(Arielle Domon)