Logo de protestants.org
Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

logo   

Tron l'héritage

(USA 2011, 2h08)

Réalisation : Joseph Kosinsky - Scénario : Edward Kitsis et Adam Horowitz - Image : Claudio Miranda - Musique : Daft Punk -Montage : James Haygood - Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures.
Interprétation : Joseph Kosinsky - Scénario : Edward Kitsis et Adam Horowitz - Image : Claudio Miranda - Musique : Daft Punk -Montage : James Haygood - Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures.
Auteur :

C’est ici le premier long métrage de J. Kosinsky, réalisateur de clips et employé par Disney pour mettre en scène Tron : l’héritage, produit selon le système typique des gros studios. Steve Lisberger, qui avait conçu, écrit et réalisé le premier TRON (1982), a aidé à séduire les fans de l’ancien film, et 500 spécialistes d’effets visuels ont travaillé à la version XXI° siècle. Le duo français Daft Punk (Chevalier des Arts et des Lettres, 2010) au look prédisposé a créé l’excellente musique du film.

Résumé :

A la fin du film TRON, Kevin Flynn, génial créateur de jeux vidéos, avait disparu dans le monde virtuel. Vingt ans plus tard, son fils Sam reçoit un message fraîchement émis du bureau de son père, et part à sa recherche dans un univers où humains et personnages numériques coexistent de manière peu pacifique...

Analyse :

après trois millénaires d’Histoire, de mythes et de légendes, il devient difficile d’inventer du neuf... On trouve dans Tron : l’héritage un Télémaque à la recherche de son père ; un Lucifer, ange révolté contre son Créateur et devenu prince du Mal; une Jeanne d’Arc, frèle jeune fille et farouche guerrière en armure et cheveux courts qui sauve les situations perdues ; dans un pseudo-Nuremberg de synthèse, d’innombrables rangs de clones-guerriers saluent d’un même geste le chef au discours galvanisant du haut de sa tribune ; des gladiateurs-discoboles combattent à mort devant la multitude hurlante d’une version mécatronique du Colisée ... er un père-Pélican donne sa vie pour son enfant dans une annihilation matière-antimatière !
Mais d’une oeuvre dont la réclame s’appuie entièrement sur ses brillants effets visuels, il ne faut pas attendre que ce soit l’histoire qui fasse le prix – pas plus que ce n’était le cas pour les Demoiselles de Rochefort, par exemple. Les quelques minutes initiales s’écoulent dans notre monde de façon assez languissantes ; mais passée la porte qui donne accès à l’univers virtuel, le film démarre, et le fantastique visuel joue à plein. Les réussites sont alors nombreuses : au premier rang, les célèbres ‘lumicycles’, motos de lumière reprises du premier TRON (déclinées ici en version avionique également), qui se livrent à des compétitions époustouflantes sur un autodrome invisible dont les pistes bifurquent sans prévenir dans les trois dimensions; et une version très soft du gore, dans laquelle les flots de sang (on n’en verra qu’une goutte, seul touche de rouge dans un film entièrement voué au bleu) sont remplacés par un saupoudrage de cristaux transparents, ce qui poétise heureusement la violence de ce film d’action.
Dans un contexte dominé par l’imagerie digitale, J. Kosinsky a maintenu une place importante au tournage réel, ce qui nous vaut quelques scènes (ainsi, ce repas paisible entre père, fils et demoiselle) inhabituelles dans le genre. Le personnage de Clu (le clone informatique de Kevin Flynn, resté à l‘âge qu’avait celui-ci lorsqu’il le créa) est construit en modelant les traits de Jeff Bridges jeune sur ses mimiques enregistrées pour ce nouveau film, par captation d’images (mocap) comme par exemple dans l’Etrange histoire de Benjamin Button (Kosinsky revendique David Fincher comme son mentor). Enfin, il existe une version 3D : épargnez-vous son surcoût, car elle n’ajoute guère plus que quelques effets de Lunapark – on peut même regretter qu’elle existe, parce que les lourdes caméras stéréoscopiques aux réglages compliqués pèsent sur la réalisation, pour un apport insignifiant.

(Jacques Vercueil)