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Cinéma

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UN BALCON SUR LA MER

( France - 2010 - 1h45)

Réalisation : Nicole GARCIA - Scénario : Nicole Garcia, Jacques Fieschi, Frédéric Bélier-Garcia - Son : Jean-Pierre Duret - Chef opérateur : Jean-Marc Fabre - Montage : Emmanuelle Castro - Distribution : Europa Corp
Interprétation : Jean Dujardin - Marie-Josée Croze - Toni Servillo - Sandrine Kiberlain - Michel Aumont - Pauline Bélier - Jacques Valles - Claudia Cardinale - Romain Millot - Solène Forveille - Emma Maynadié.
Auteur :

Nicole Garcia est actrice, scénariste et réalisatrice. Née à Oran en 1946, elle arrive en métropole en 1962 et va suivre des cours de philosophie et d'art dramatique. C'est grâce à Que la fête commence de Bertrand Tavernier, en 1974, qu'elle se fait remarquer des professionnels et du public. Elle tourne dans Mon oncle d'Amérique d'Alain Resnais, Les Uns et les Autres de Claude Lelouch, L'Honneur d'un capitaine de Pierre Schoendoerffer, Garçon ! de Claude Sautet, La Petite Lili de Claude Miller... En 1990, elle commence une carrière de réalisatrice : Un week-end sur deux (1990), Le Fils préféré (1994), Place Vendôme (1998), L'Adversaire (2002), Selon Charlie (2006).

Résumé :

Marc Palestro vit avec sa femme et sa fille dans une belle villa d’Aix en Provence. Il co-dirige avec son beau-père une agence immobilière. Jusqu’au jour où il croit reconnaître dans une cliente la fille de 14 ans dont il était amoureux en Algérie, il y a 20 ans. Le choc est brutal et se prolonge par une nuit d’amour. Mais cette Cathy cache un mystère que Marc tente d’éclaircir. Tandis que lui multiplie ses enquêtes, elle semble embarquée dans une embrouille liée à l’opération immobilière en cours. Un certain nombre de flash-backs nous ramenant à l’enfance algérienne permettant peu à peu au spectateur de comprendre l’étrangeté de la situation. Ce scénario conduira finalement Marc à Oran où il tente de revivre la période du départ des Français d’Algérie en 1962.

Analyse :

A part la surprise qu’a provoquée la sobre interprétation de Jean Dujardin, on a souvent mal perçu ce film. Son sujet n’entend pas directement centrer le spectateur sur l’Algérie. Mais, quoi qu’en dise son auteure, les lieux et les évènements qu’il évoque nous conduisent à nous interroger, au delà des sentiments que mettent en scène les protagonistes de cette histoire, sur les propres sentiments de Nicole Garcia. Il y a en effet, derrière cette confusion finalement assez banale, provenant d’une double amourette enfantine, toute une méditation sur les troubles de la mémoire. Troubles certes repérables dans les situations les plus universelles mais qui dans le cas particulier font inévitablement allusion à la nostalgie d’un pays qu’il a fallu abandonner et dont l’éloignement entraîne soit le désir d’oublier soit l’envie d’y retourner. Jusqu’au moment où surgit l’évidence d’un visage, d’un regard. Si c‘est celui de Marie-Josée Croze, il est difficile de s’en débarrasser. Sauf que, précisément, les années déforment le souvenir et qu’il n’est possible à personne de remonter le temps. C’est ce que nous confie avec grâce et subtilité Nicole Garcia.

(Jean Domon)