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Cinéma

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Wall street, l'argent ne dort jamais

(Amérique - 2010 - 2h15)

Réalisation : Oliver Stone - Scénario et dialogues : Allan Loeb, Stephen Schiff - Photo : Rodrigo Prieto - Décor : Kristi Zéa - Montage : Julie Monroe, David Brenner
Interprétation : Michael Douglas - Shia Labeouf - Josh Brolin - Carrey Mulligan - Eli Wallach
Auteur :

Oliver Stone est né à New York en 1946. Il est le fils de Louis Stone d'ascendance juive américaine, un financier de Wall Street - qui lui inspirera plus tard le film Wall Street. Auteur prolifique (il a 22 longs métrages à son actif), il a, entre autres, réalisé Platoon (1986), récit de son expérience au Vietnam, Tueurs nés (1994) et W (2008) où il attaque le président Bush. Son premier Wall Street date de 1987. Wall Street, l'argent ne dort jamais en est la suite, 20 ans après. Ce film a été présenté à Cannes en 2010, hors compétition.

Résumé :

Wall Street, New York : en plein krach boursier de 2008, un jeune trader, Jacob Moore, est prêt à tout pour venger son mentor, que d’obscures tractations financières ont poussé au suicide. Il demande de l’aide à Gordon Gekko, le meilleur - et le pire - des gourous de la finance, qui vient de sortir de 8 ans de prison pour délit d’initié. Jacob va apprendre à ses dépens que Gekko reste un maître de la manipulation, et que l’argent ne dort jamais.

Analyse :

Ce film est très "efficace" pour nous faire entrer dans l'univers de la spéculation financière. La mise en scène et le montage rendent bien compte de ce stress permanent, de cette course incessante aux bonnes affaires à partir de rumeurs infondées, de ces vies accrochées passionnellement au "gagner plus" jusqu'à trahir ses propres amis et même sa famille. Mais si l'atmosphère y est bien, les explications n'y sont pas. Wall Street ne nous permet pas de comprendre vraiment les rouages du système mais... nous fait admirer des vues aériennes splendides sur ces buildings abritant la finance et les affaires. S'entremêle à tout cela l'histoire personnelle d'un jeune trader amoureux d'une écolo dont le père a fait de la prison pour délit d'initié et qui cherche à renouer avec elle. S'il est vrai que cette histoire permet au scénario d'introduire des éléments de la vie financière éclairants pour le spectateur (l'argent caché en Suisse, les procédés de blanchiment, mais aussi le citoyen moyen spéculant dans l'immobilier mais se retrouvant grugé) le côté sentimental, voire mélo, manque de subtilité. On n'arrive pas à croire au couple que forment cette jeune femme qui refuse toute compromission et ce jeune trader aux dents longues. Sa conversion finale est trop convenue...
Michael Douglas joue admirablement le personnage du financier apparemment repenti mais en réalité totalement cynique. C'est finalement lui qui redonne sa vigueur au film en montrant bien le caractère implacable et inhumain de cette machine infernale.

(Maguy Chailley)