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Cinéma

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Whatever Works

(Etats-Unis, 2009, 1h24)

Réalisation : et scénario : Woody ALLEN, Image : Harris SAVIDES, Montage: Alisa LEPSELTER, Producteurs: Letty ARONSON, Stephen TENENBAUM, Distribution française: Mars Distribution
Interprétation : Larry DAVID (Boris Yelnikoff), Conleth HILL (Leo Brockman, son copain photographe), Evan Rachel WOOD (Melodie StAnne Celestine, la jeune fille), Carolyn Mc CORMICK (Jessica, femme de Boris), Patricia CLARKSON (Marietta, mère de Melodie), Ed BEGLEY Jr (John, père de Melodie)
Auteur :

Après 71 films, dont 63 comme scénariste, 44 comme réalisateur et 40 comme acteur (et tout cela à la fois en 29 occasions) on ne présente plus Woody ALLEN, new-yorkais depuis sa naissance (Brooklyn, 1935). Dans Whatever works (‘Pourvu que ça marche, ...’ : pourquoi ne pas avoir traduit ?) il confie le rôle du protagoniste à Larry DAVID, un acteur confirmé de séries TV qu’il apprécie pour son humour (il évoque à son sujet W.C. FIELDS et Groucho MARX, « des gens qui peuvent insulter tout le monde sans se faire haïr ») et celui de sa partenaire à Evan Rachel WOOD, ‘vieille’ routière (elle tourne depuis l’âge de 8 ans) qu’il attira par une phrase que l’on croirait sortie d’un de ses films : « J’ai un rôle d’idiote pour lequel vous seriez parfaite ».

Résumé :

Boris Yellnikoff, physicien de haut vol, a raté son mariage, son Nobel et son suicide. Misanthrope et hypocondriaque, il vit seul, sauf quelques copains avec qui il déblatère. Il accorde un soir l’asile à Mélody, une jeune fugueuse échouée sur son seuil. Entre l’intello désabusé et l’ignorante enthousiaste, le contraste opère comme un charme. Mais débarquent les envahisseurs, la mère puis le père de Melody, tous deux en manque de compagnie et confits en religion, et tout ce monde va se tranformer psychologiquement de fond en comble pour une fin allègre comme il convient à une comédie.

Analyse :

Du Woody Allen pur jus, où le pessimisme et l’angoisse de la mort qu’exsude Boris (il faut le voir chanter comme un mantra Happy birthday to you chaque fois qu’il se lave les mains, c’est à dire à tout bout de champ) sont travestis en comique par l’exagération du jeu des acteurs (tous sont ‘surjoués’, aussi bien Boris que Melody, Marietta et John, avant comme après leur ‘mutation’), par les dialogues bien sûr (comme lorsque Melody évoque lourdement, malgré l’horreur de Boris, le choix entre ensevelissement et incinération – ‘pas de vers’), et par les gags visuels (comme Boris suicidaire tombant de sa fenêtre sur une femme qu’il estropie et sera sa future compagne).
Mieux vaut en rire, en effet, car l’habillage burlesque laisse entière une vision sinistre du destin humain : comme le fait remarquer le réalisateur dans un commentaire, « heureusement que le film s’arrête à ce moment, parce que la suite serait évidemment horrible ! ». Le spectateur, quant à lui (la spectatrice aussi), aura profité d’une comédie assez alerte, mais un peu téléphonée par moments, et qui ne laissera sans doute pas des traces indélébiles. Woody Allen a fait mieux, souvent.

(Jacques Vercueil)