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Cinéma

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120 battements par minute

(France, 2017, 2h22)

Réalisation : Robin Campillo - Scénario et Montage : Robin Campillo - Musique : Arnaud Rebotini - Photographie :Jeanne Lapoirie - Producteurs Hughes Charbonneau et Marie-Ange Luciani - Distribution France : Memento films
Interprétation : Nahuel Perez Biscayart (Sean), Arnaud Valois (Nathan), Adèle Haenel (Sophie), Antoine Reinartz (Thibaut)
Auteur :

Robin Campillo est né en 1962 au Maroc. Après des études à l’IDHEC, il travaille avec Laurent Cantet comme scénariste et monteur notamment pour Entre les murs. Il réalise Les revenants en 2004 puis Eastern boys en 2013 et 120 battements par minute qui obtient le Grand Prix à Cannes en 2017.

Résumé :

A Paris, au début des années 1990, Nathan, un jeune gay, entre à Act up. Il va découvrir la vie de l’association, entre assemblées générales et préparation d’actions militantes, ainsi que Sean, un membre actif du groupe, dont il tombe amoureux.

Analyse :



A l’époque où se situe le film, le sida est encore considéré comme la peste au Moyen-Age, d’autant plus que cette maladie touche principalement des marginaux : homosexuels, drogués et prostitués, comme disent eux-mêmes les membres de l’association Act up qui s’est créée, avec des malades et des non malades, pour agir contre le désintérêt des politiques et la lenteur de l’industrie pharmaceutique. Le film est à la fois un documentaire sur Act up et une fiction centrée sur l’amour de Nathan et de Sean. Les réunions hebdomadaires de l’association, ses actions dans les rues ou les lycées ainsi que dans les locaux des laboratoires pharmaceutiques tiennent une grande place. En parallèle, ces jeunes brûlent leur vie au rythme de soirées électro et de scènes d’amour. Ils vivent à 200 à l’heure et leur cœur bat deux fois plus vite que la normale, à 120 battements par minute. L’humour, l’autodérision mais aussi l’ombre de la mort sont toujours présents et l’on se sent en communion avec cette génération embarquée par nécessité dans une action militante qui, même de nos jours, n’est pas achevée. Robin Campillo, lui-même membre d’Act up et très impliqué dans son film, commet, à trop vouloir prouver, quelques maladresses et longueurs qui alourdissent le film mais sans le priver d’une force de conviction impressionnante.

Jean Wilkowski