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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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A trois on y va

(France – 2015 – 1h26)

Réalisation : Bonnell Jérôme – Scénario : Jérôme Bonnell, Maël Piriou – Photographie : Pascal Lagriffoul – Montage : Julie Dupré – Décors : Eugénie Collet – Son : Frédéric de Ravignan - Musique : Mike Higbee - Production : Rectangle Productions – Distribution : Wild Bunch Distribution
Interprétation : Anaïs Demoustier – Félix Moati – Sophie Verbeeck
Auteur :

Jérôme Bonnell, né en 1977, est un scénariste et réalisateur français. Il a fait ses études de cinéma à Paris VIII. Son premier long métrage Le chignon d’Olga (2002) est primé au festival de Chicago. Suivront Les yeux clairs (2005) prix Jean Vigo, J’attends quelqu’un (2007), La dame de trèfle (2010), Le temps de l’aventure (2013). Tous ses films montrent un goût marqué pour les intrigues romanesques.

Résumé :

Charlotte et Micha sont jeunes et amoureux. Ils viennent de s’acheter une maison près de Lille pour y filer le parfait amour. Mais depuis quelques mois, Charlotte trompe Micha avec Mélodie… Sans rien soupçonner, se sentant toutefois un peu délaissé, Micha trompe Charlotte à son tour… mais avec Mélodie aussi ! Pour Mélodie, c’est le vertige. Complice du secret de chacun. Amoureuse des deux en même temps…

Analyse :



Traité sur le mode de la comédie, ce triangle amoureux a de quoi faire sourire. Et les scènes ne manquent pas où, comme dans Feydeau, les personnages risquent d’être surpris là où ils ne devraient pas l'être. Ce qui fait sourire aussi c’est la jeunesse des protagonistes et leur manque visible de maturité, malgré leur intégration dans la vie professionnelle au moins pour Mélodie (avocate) et Micha (vétérinaire). Il y a un vrai contraste entre les hésitations de Mélodie, son incertitude amoureuse, ses choix en forme de valse hésitation, et son assurance lorsqu’elle plaide au tribunal argumentant en référence au code civil ou à tel article de loi…. Mais justement, dans sa vie affective, elle ne sait à quel code se vouer. Elle se comporte avec ses amis comme si le désir amoureux était la seule norme, l’essentiel étant de dissimuler aux autres en quoi ils sont trompés. Et ses amis en sont au même point. Dans la précipitation des rencontres, arrachées aux apparences des convenances, point de marivaudage mais plutôt des « corps à corps ». La modernité de ce film se manifeste aussi dans l’équivalence, pour les trois personnages, des relations hétérosexuelles et homosexuelles.

Les jeunes acteurs font merveille dans ces scènes où chacun découvre peu à peu vers quoi il est entraîné, jouant tout de même encore l’ancienne partition de l’amitié.

Mais il y a plus que cela dans ce film. On sent poindre l’amorce d’une réflexion sur ce que pourrait être l’amour, témoin cette scène où Micha déclare à Charlotte tout ce qu’il aime en elle, avant de lui demander de l’épouser.

Et ce n’est pas par hasard si l’on assiste à une scène de mariage vers la fin du film, après que Mélodie, Micha et Charlotte aient enfin découvert ce qui les lie tous trois et aient accepté le partage. La réponse des futurs époux concernant leur engagement réciproque joue peut-être un rôle de révélateur. Est-ce ce mariage auquel ils assistent qui provoque chez Charlotte la décision qu’elle va prendre ? Et d’ailleurs quelle est sa décision ?

Une aimable comédie, bien jouée et pleine de finesse.

Maguy Chailley