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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Ana Arabia

(Israël/France – 2013-1h21)

Réalisation : Amos Gitaï – Scénario : Amos Gitaï et Marie José Sanselme - Photo: Giora Bejach – Son : Alex Claude – Montage : Isabelle Ingold - Distribution : Océan Films
Interprétation : Yuval Scharf (Yaël), Yussuf Abu-Warda (Yussuf), Sarah Adler (Miriam), Assi Levy (Sarah), Uri Gavriel (Hassan), Norman Issa (Norman)
Auteur :

Amos Gitaï est comme la conscience d’Israël, car tous ses films témoignent d’une volonté d’explorer librement, sans contrainte idéologique, la société de son pays, confrontée aux aléas socio-politiques et aux délires expansionnistes de ses dirigeants. Ses principaux films : Yom Yom (1998), Kadosh (1999), Kippour ( 2000), Alila (2003), Terre Promise (2004), Free Zone (2005), Plus tard tu comprendras (2008). Parmi les nombreux documentaires qu’il a réalisés, signalons House (1980) et News from House (2005), parfaitement complémentaires à la démarche du réalisateur.

Résumé :

L’action se situe très précisément entre Jaffa et Bat Yam, dans la banlieue sud de Tel-Aviv. Yaël, une jeune journaliste enquête sur la vie de Hannah Kilbanov, femme juive d’origine polonaise et récemment décédée, dont le mari est musulman. Au fil des témoignages des proches et des habitants, Yaël est captivée par l’histoire et le quotidien d’une communauté de Juifs et d’Arabes qui vit en paix depuis longtemps. A été sélectionné au Festival de Venise 2013.

Analyse :



Ce film vient en contrepoint de l’affreuse guerre que mènent inlassablement le Hamas, maître de Gaza, et Israël, avec encore ce mois de juillet 2014 (qui a causé la mort de 2000 personnes, dont 1900 civils palestiniens). Alors que les armes parlent, animées par la haine, apparaît comme par miracle Ana Arabia (Je suis Arabe). Le quartier où se déplace la belle Yaël nous parle d’un pays « réel » que nous ne connaissons pas bien, sinon pas du tout. L’enquête de la journaliste se déroule dans la tranquillité et la simplicité. Des hommes, des femmes s’expriment sur leur vie quotidienne, sur les raisons qui les dirigent, et les font aimer le pays où ils vivent, dans la coexistence entre Juifs et Arabes. Une grande humanité se dégage des propos tenus par les femmes, où il est question d’amour, d’appartenance, de fidélité. Entièrement tourné en plan-séquence, le film a la légèreté d’un long travelling ininterrompu. Passé et présent se frôlent, permettant de croire en un avenir meilleur. On dira peut-être que tout cela n’est qu’utopie. Mais la jeunesse de Yaël, en pleine recherche de vérité, fait penser que « le pire n’est jamais sûr. »Elle apprend l’histoire de son pays au travers de gens simples et sincères. Les amis d’Ana, raconte son mari devant la caméra, disaient « Comment peux-tu vivre avec un Arabe ? ». Le travail de Gitaï historien et cinéaste est l’honneur d’Israël (comme l’ensemble du cinéma israélien).

La fin du film est une figure de style, une montée en spirale au-dessus de la ville, et la caméra fixe le ciel bleu par-dessus les toits.

Alain Le Goanvic