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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Ana, mon amour

(Roumanie – 2016 -2h07)

Réalisation : Colin Peter Netzer - Scénario : Colin Peter Netzer, Cezar Paul-Badescu - Montage : Dana Bunescu - Photo : Andrei Butica - Son : André Rigaut - Distribution : Sophie Dulac
Interprétation : Mircea Postelnicu (Toma), Diana Cavaliotti (Ana), Andrea Titien (psy)
Auteur :

Colin Peter Netzer est scénariste, réalisateur et producteur. Né en 1975, il a fait ses études de cinéma à Bucarest. Il fait partie de la brillante nouvelle génération de cinéastes roumains, aux côtés de Cristian Mungiu et Cristi Pulu.  Longs métrages : Maria (2003) primé à Locarno, Médaille d’honneur (2012), Mère et fils (2013), Ours d’Or Berlin. Ana mon amour a reçu l’Ours d’Argent au Festival de Berlin 2017 (meilleur montage).

Résumé :

Sept ans dans la vie de Toma et Ana, deux jeunes bucarestois modernes et cultivés, ils sont au bord de la séparation. Plongée profonde dans une relation de couple où se jouent les rapports de force, la question existentielle par rapport au travail, à la vie de famille et au désir profond de chacun

Analyse :



Dès le début, le ton est donné par le style utilisé : la caméra cerne au plus près les visages de Toma et d’Ana, regards, sourires, moues, hésitations dans la voix. Un couple se découvre, ils n’ont pas encore fait l’amour et ils sont dans la séduction. La suite nous les montrera dans d’autres  postures (en particulier la rencontre avec les parents, qui décrit la différence sociale entre Toma, classe moyenne, cultivé, poli – et les parents d’Ana plus modestes, pas intellectuels). Et puis l’environnement amical, les collègues de fac... Mais assez vite, on décèle, en même temps que Toma, la nervosité d’Ana, son inadaptation au monde environnant, la panique qui la gagne. Passages nombreux à l’hôpital, services des urgences etc. Toma fait tout pour lui venir en aide. Il semble parfois bien dépassé. En fait, l’attention va de plus en plus se concentrer sur Toma. Il suit des séances de psychanalyse, explique sa relation et sa rupture avec Ana, sa problématique familiale, son questionnement sur la vie. Et il souhaite raconter ses rêves, ce qu’accepte volontiers le psychanalyste, car c’est un bon terrain d’investigation, et une source de questions ! De son côté, Ana va aussi suivre des séances chez le psy. Elle deviendra plus forte et Toma plus faible.

Et c’est dans les séquences sur le divan que nous prenons conscience du temps qui est passé (environ sept ans) et de nombreux retours en arrière, sans transition ni césure, nous font vivre les souvenirs d’une relation tumultueuse et les affolements de l’un et puis de l’autre. Toma veut comprendre ce qui n’a pas marché ! Il raconte son rêve où  Ana est blonde, elle a un enfant…et nous apprenons que son père n’est pas son père biologique…trouble évident pour Toma ! Mais j’avoue que le spectateur finit par se perdre peu à peu ! Qu’a voulu dire le réalisateur ? Le propos était intéressant, mais la forme utilisée est déconcertante. Une piste pourrait être celle des errements de la mémoire, dans une Roumanie qui a du mal à se remettre de quarante ans de communisme ( ?). Ou une critique de la psychanalyse !

Alain Le Goanvic