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Cinéma

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Arsenic et vieilles dentelles (Arsenic and Old Lace)

Etats-Unis 1944, 1h18, N&B

Réalisation : Frank Capra oadaptation écran par Julius & Philip Epstein de la pièce de Joseph Kesselring ; image, Sol Polito ; montage, Daniel Mandell ; production et distribution, Warner Bros.
Interprétation : Cary Grant (Mortimer Breswter), Priscilla Lane (Hélène Harper), Raymond Massey (Jonathan Brewster), Peter Lorre (Dr Einstein), Josephine Hull (Adèle-Abby Brewster), Jean Adair (Martha Brewster)
Auteur :

Frank Capra (1897-1994) émigra enfant de Sicile pour la Californie. Longtemps il vécut d'expédients, vendeur de journaux, cueilleur de fruits... et figurant dans des films. Ses activités au cinéma se multiplièrent dans la précarité (scénarios, montages, assistant réalisateur, quelques courts) puis il réalisa deux films de Harry Langdon. Il fut engagé en 1928 par Columbia chez qui, avec Ladies of Leisure ('Femmes de loisir', 1930) il devint 'réalisateur N°1' et lança Barbara Stanwyck et lui-même vers de grandioses carrières. Parmi ses grands titres : NewYork-Miami (1934), Mr Smith au sénat (1939), La vie est belle (1946).

Résumé :

Mortimer Brewster est célèbre pour ses écrits ridiculisant le mariage. Mais il tombe amoureux et, pour rencontrer la belle Hélène, se met à fréquenter deux vieilles parentes chez qui vit son frère, lequel sonne le clairon et se croit Président des Etats-Unis. Débarque l'autre frère qu'un pseudo-docteur alcoolique a charcuté en Frankenstein, tandis qu'on découvre que le vin des tantes n'est pas innocent...

Analyse :



La transposition du théâtre au cinéma est évidente, tout le film se déroulant dans le salon des tantes où les personnages entrent et sortent par les portes, la fenêtre, l'escalier – les quelques extérieurs se bornant au trottoir ou au jardin. De même, les mimiques virtuoses de Cary Grant pourraient être admirées du fond des balcons d'un théâtre. Cette fameuse comédie est un vivant recueil des ressorts du rire : situations (le bureau de mariage ; Jonathan et Mortimer assis sur le coffre-cercueil) ; caractères (les tantes, innocentes criminelles ; Teddy et Jonathan, Einstein) ; quiproquo ((changement de cadavre dans le coffre ; le grand-huit sentimental d'Hélène et Mortimer ) ; absurdités (le chauffeur de taxi en hèle un autre pour son client) ; gestes et grimaces (Teddy Roosevelt monte la charge dans l'escalier ; Mortimer comprend que Jonathan sait sur quoi il est assis) ; répétition (l'aiguille de l'horloge tombe quand la porte claque ; le clairon sonne et la police arrive) ; confusion (Mortimer et Hélène parlant de cadavres en même temps et contradictoirement à l'officier de police) ; retournements (les verres de vin s'arrêtent au bord des lèvres ; le policier entre et sort du salon où Mortimer est ligoté)... Le rythme des gags se maintient bravement au cours du temps. La multiplication des personnages accessoires et des sous-intrigues (l'incognito violé de Mortimer, le pasteur Harper et sa fille, le duo Frankenstein & Einstein, les démarches pour l'internement de Teddy, le règlement de comptes entre policiers, les amateurs dramaturges... ) contribue au divertissement et à son renouvellement, mais l'enfilage de ces perles comiques sur le fil ténu d'une histoire bric-à-brac ne laisse finalement guère plus de traces qu'une séance de Guignol au jardin public.

Jacques Vercueil