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Cinéma

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Au revoir là-haut

(France - 2017- 1h57)

Réalisation : Albert Dupontel - Scénario : Albert Dupontel et Pierre Lemaître d’après l’œuvre éponyme de Pierre Lemaître, prix Goncourt 2013 - Photographie : Vincent Mathias - Montage : Christophe Pinel - Musique : Christophe Julien - Productrice : Catherine Bozorgan - Distribution France : Gaumont
Interprétation : Nahuel Perez Biscayart (Edouard), Albert Dupontel (Albert), Niels Arestrup (Marcel Péricourt), Laurent Lafitte (Pradelle), Héloïse Balster (Louise).
Auteur :

Albert Dupontel est un acteur et réalisateur, né en 1964. Il commence des études de médecine avant de se lancer dans la comédie et le one man show. Puis il travaille les animateurs de télévision Marc-Olivier Fogiel et Patrick Sébastien. Parallèlement, il est acteur et scénariste. En 1996, il réalise son premier film Bernie et remporte un grand succès avec 9 mois fermes en 2014.

Résumé :

Juste après la fin de la Première guerre mondiale, deux rescapés des tranchées, l'un, Edouard, dessinateur de génie et l'autre, Albert, modeste comptable décident de monter une arnaque aux monuments aux morts.

Analyse :



On a toujours quelques craintes en allant voir un film tiré d’un livre que l’on a beaucoup aimé, on a peur d’être déçu. Dans Au revoir là-haut, le plaisir de la lecture se retrouve complètement et les quelques modifications par rapport au roman, en particulier à la fin, s’avèrent judicieuses. Pierre Lemaître a été complètement associé au scénario ce qui renforce la crédibilité du film. Il a dit : « Je me sentais fier d’une réussite qui ne me devait rien ». Le propos du film, comme du livre, est de dénoncer la guerre. Le film débute le 9 novembre 1918, deux jours avant l’armistice. Le lieutenant Pradelle, pour flatter son ego et obtenir le grade de capitaine, décide de lancer un assaut aussi sanglant qu’inutile. Deux soldats en réchappent, Albert et Edouard, dont la mâchoire a quand même été emportée par un éclat d’obus. La dénonciation de la guerre porte aussi sur ses suites : les poilus ne trouvent plus leur place dans la société dans laquelle ils sont revenus ; les escroqueries sont nombreuses. Ainsi Pradelle se lance dans la construction de cimetières militaires et enterre des cercueils vides qui ne mesurent qu’1,60 mètre pour gagner encore plus d’argent ! Quant à Edouard et Albert, ils vont se lancer dans le juteux marché des monuments aux morts. Le ton devient caustique et la description de tous ces magouilleurs est réjouissante. Le personnage central est Edouard, un fils de famille artiste, qui va se créer des masques improbables pour cacher sa gueule cassée : l’homme qui rit, l’homme qui pleure, le lion à la crinière en billets de banque, le clown, le masque vénitien. Les autres personnages sont à la hauteur : Albert Dupontel a trouvé le ton juste pour incarner l’Albert de la fiction et Niels Arestrup campe en Marcel Péricourt, un capitaine d’industrie dur et tout puissant. La reconstitution est parfaite aussi bien sur le champ de bataille de la cote 113 que dans le Paris de 1920, la belle demeure de M. Péricourt, près de l’Etoile, étant l’ancienne maison de Marcel Dassault. Voilà un film d’une grande homogénéité à l’humour désespéré et grinçant.  

Jean Wilkowski