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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Belgica

(France-Belgique - 2016 - 2h07)

Réalisation : Van Groeningen Félix - Scénario : Van Groehingen et Arne Sierens - Musique : Soulwax - Photo : Ruben Imprens - Montage : Nico Leunen - Son : Jan Deca - Miwage : Michel Schöpping - Effets spéciaux : Harrie Wiessenhaan - Producteur : Dirk Impens - Distribution France : Pyramide Distribution
Interprétation : Stef Aerts (Jo), Tom Vermeir (Frank), Hélène de Vos (Marieke), Charlotte Vandermeersh (Isabelle), Sara de Pschere (Nikki)
Auteur :

Réalisateur belge flamand, Felix van Groeningen est diplômé de l’Académie Royale des Beaux-Arts, en art audiovisuel, de Gand (Belgique) où il est né en 1977. Ses principaux films sont Dagen Zonder lief (2007), La merditude des choses (2009), Alabama Monroe (2012).

Résumé :

Jo, célibataire, qui tient un petit café, le Belgica, à Gand (Belgique), reçoit un appel de son frère, Frank, marié et père d’un enfant, lui proposant sa collaboration. Grâce à la complicité des deux frères et à leur passion de la musique, le Belgica devient vite un des hauts lieux de la vie nocturne dans la région. Mais les problèmes ne tardent pas à surgir. Comment les relations complexes de Jo et Frank vont-elles évoluer ? 

Analyse :



Brillamment réalisée, cette histoire familiale est avant tout l’occasion d’une immersion dans un monde réservé aux initiés : celui de fêtes endiablées, où se mêlent musique, alcool, sexe et drogue et où l’on se défoule joyeusement, avant que les choses ne dégénèrent. Rarement un tel endroit, où l’on vous accueille d’un « Bienvenue dans ce lieu de perdition », aura été présenté avec autant de virtuosité. La musique, de reggae, rock, pop, techno hardcore, etc. a été composée par les musiciens de Soulwax, en étroite collaboration avec le scénario. On perçoit quelques accords de Ces gens-là de Jacques Brel, tandis que se succèdent des groupes créés pour l’occasion. Le film se déroule en grande partie la nuit, autour du bar, sur la piste de danse et dans les annexes, l’équipe technique jouant de la lumière artificielle avec une grande invention. Fluide, parfois coquine, la caméra capte à merveille d’incroyables faciès, une tension qui monte, des scènes de quasi transe en musique. L’histoire des deux frères est dévoilée progressivement : l’aîné, Frank, protège depuis l’enfance son cadet borgne, avec en retour affection et admiration. Frank est une grande gueule, jamais à court d’idées mais peu fiable et parfois violent. Son audace a pourtant aidé le Belgica à décoller. La mort du père va marquer une rupture dans l’équilibre familial car Jo se met à y voir plus clair sur le caractère égoïste de son aîné, tandis qu’il cherche à organiser sa vie personnelle. Van Groeningen brosse aussi une chronique sociale de notre temps avec deux héros mal dans leur peau et peu armés face aux difficultés mais auxquels, optimiste, il prête une belle énergie vitale. Quant au rêve des deux frères de réaliser dans leur cabaret une Arche de Noé ouverte à tous, sans caméras ni videurs à l’entrée, il s’apparente plus à un délire qu’à une utopie.

Françoise Wilkowski-Dehove