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Cinéma

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Alabama Monroe (The Broken Circle Breakdown)

(Belgique – 2012 - 111 min. )

Réalisation : Félix Van Groeningen - Scénario : Felix van Groeningen, Carl Joos (d’après une pièce écrite et jouée par Johan Heldenbergh) - Musique du groupe de bluegrass country The broken circle breakdown. Distribution : Bodega films et Help ! Distribution
Interprétation : Johan Heldenbergh (Didier), Veerle Baetens (Elise), Nell Cattrysse (Maybelle), Geert Van Rampelberg (William), Jan Bijvoet (Koen)
Auteur :

Né à Gand (Belgique) en 1977, Felix Van Groeningen, réalisateur flamand, monte son premier film Steve + Sky en 2004, d’après son propre scénario. En 2007 il tourne Jours sans amour et ensuite il adapte le livre de Dimitri Verhulst, La merditude des choses. Ce film est primé en 2009 à la Quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes (l’équipe du film a fait sensation en arrivant sur la Croisette … à vélo, nue). Le 4ème long métrage de F. van Groeningen, The Broken Circle Breakdown, devenu en France Alabama Monroe, a remporté un "Gouden Award" au festival d'Ostende en 2012 et le prix du public au festival de Berlin en 2013.

Résumé :

Didier, joueur de banjo dans un groupe de bluegrass country et Elise, qui tient un salon de tatouage et est elle-même tatouée des pieds à la tête se rencontrent et, tous deux marginaux, forme un couple heureux dans un coin des Flandres. La musique emplit leur vie et Elise devient la chanteuse du groupe. De leur union naît une petite fille, Maybelle. Le cancer dont celle-ci est atteinte vers l’âge de six ans bouleverse leur vie et tous trois luttent avec courage dans l’espoir d’une guérison. Didier et Elise traversent l’épreuve en puisant dans leurs forces, chacun avec son histoire et ses croyances ou non croyances, mais le couple est sérieusement ébranlé.

Analyse :



Il s’agit d’abord d’une histoire d’amour entre un homme et une femme, pour le meilleur et pour le pire, où l’on retrouve l’intérêt du metteur en scène pour les marginaux. Dans toute la première partie du film, le réalisateur déconstruit l’histoire, racontant alternativement la maladie de la fillette et la vie de ses parents avant le drame. Le spectateur assiste à l’époque du bonheur simple et sans nuages, en étant vite plongé avec eux dans le cauchemar du cancer, des examens, des traitements, des espoirs déçus. Felix van Groeningen nous montre des scènes d’une très grande intensité émotionnelle, le blue grass accompagnant cette histoire des plus tristes, sans pathos. Les chansons, interprétées par les deux acteurs et par le groupe The broken circle breakdown – qui connaît depuis un très grand succès en Belgique-- parviennent à désamorcer les moments les plus durs sans les priver de leur émotion. Ce qui aurait pu être un horrible mélo devient une œuvre attachante et originale où la musique est presque un acteur à part entière. On y retrouve d’ailleurs le sens de l’humain et une certaine profondeur déjà vus dans le cinéma belge. Alabama Monroe est aussi une ode à la vie et à la lutte contre la mort. Le jeu des acteurs est sobre et fluide. Cadrage et montage, particulièrement soignés, accentuent souvent l’humour du scénario, ce qui ménage des moments bienvenus de respiration.

Françoise Wilkowski-Dehove