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Cinéma

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Brooklyn Yiddish (Menashe)

(Etats-Unis - 2017 1h22)

Réalisation : Joshua Z. Weinstein - Scénario : Joshua Z. Weinstein - Alex Lipschultz et Musa Syeed - Image : Yoni Brook et Joshua Z. Weinstein - Montage : Scott Cummings - Musique : Aaron Martin et Dag Rosenqvist - Production : Weinstein, Lipschultz, Shtick Film - Distribution : Sophie Dulac Distribution
Interprétation : Menashe Lustig (Menashe), Ruben Niborski (Ruben), Yoel Weisshaus (Eizik), Meyer Schwartz (le rabbin).
Auteur :

Joshua Z. Weinstein, qui est né en 1983 à New York, s’est d’abord tourné vers le documentaire et les films publicitaires. Brooklyn Yiddish est son premier long métrage de fiction (Prix du jury au festival du cinéma américain de Deauville 2017). 

Résumé :

Dans le quartier juif ultra-orthodoxe de Brooklyn à New York, un épicier devenu veuf, tente de récupérer la garde de son fils, Ruben, alors que la loi hassidique lui interdit de l’élever s’il n’est pas remarié. 

Analyse :



Tourné tout en yiddish, un mélange d’hébreu et d’allemand, parlé par des millions d’Européens juifs jusqu’à la Shoah, le film est interprété par des acteurs amateurs qui jouent leur propre rôle, dans le quartier de Borough Park, près de la rue où a grandi le réalisateur. Il repose tout entier sur le personnage de Menashe, une figure imposante avec sa corpulence, sa longue barbe et ses traits marqués. C’est un père de famille malheureux car il a non seulement perdu sa femme, mais aussi, du fait de la loi hassidique, son jeune fils : ce dernier est désormais élevé par son oncle maternel. L’œil de documentariste de Joshua Z. Weistein est très perceptible lorsqu’il filme avec précision la vie quotidienne dans le quartier, les allées et venues dans l’épicerie ou encore les rituels religieux. L’acharnement de Menashe à défendre son rôle paternel et à tenter de négocier avec la tradition est l’autre volet du film. Ayant obtenu du grand rabbin de passer une semaine avec son fils, Menashe s’efforce de se rapprocher de lui, ce qui donne lieu à des instants intimes et touchants où plane l’absence de l’épouse et de la mère. On peut regretter tout de même une insuffisance du scénario et des moments confus ou un peu hors sujet, comme lors du repas familial.

Françoise Wilkowski-Dehove