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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Captain Fantastic

(Etats-Unis, 2016, 1h58)

Réalisation : Matt Ross - Scénario : Matt Ross - Photographie : Stéphane Fontaine - Montage : Joseph Krings - Musique : Alex Somer - Décors : Tania Kupzak et Susan Magestro - Production : Electric City Entertainment et ShivHans Pictures - Distribution en France : Mars Distribution.
Interprétation : Viggo Mortensen (Ben), Georges MacKay (Bodevan), Samantha Isler (Kielyr), Annalise Basso (Vespyr), Nicholas Hamilton (Rellian).
Auteur :

Né en 1970 dans le Connecticut (USA), d’abord acteur de seconds rôles, puis scénariste et réalisateur de cinéma et de TV pendant 20 ans, Matt Ross a obtenu avec ce 2ème long métrage le prix de la mise en scène à Cannes dans la sélection Un certain regard et le prix du Jury et celui du public au festival du cinéma américain de Deauville.

Résumé :

Dans les forêts reculées du nord-ouest des Etats-Unis, loin de la société, Ben consacre sa vie à faire de ses six enfants d’extraordinaires adultes. Mais quand le destin frappe sa famille, ils doivent abandonner le paradis qu’il avait créé pour eux. La découverte du monde extérieur va l’obliger à remettre en cause ses méthodes d’éducation.

Analyse :



Le film fait un peu écho à l’enfance du réalisateur. Il n’essaie pas de faire passer un message mais recourt à une fable familiale pour stimuler une réflexion sur l’éducation, explorer le bien fondé des choix qu’imposent les parents à leurs enfants et poser plusieurs questions éternelles comme: qu’est-ce qu’être un bon parent ou peut-on vivre coupé du monde? A cet effet le réalisateur imagine un road movie utopiste : son complice Viggo Mortensen campe un descendant des hippies et des indiens, un sacré marginal, grand diable au visage mangé de barbe qui niche avec ses six enfants au creux de la forêt américaine et se déplace dans son bus familial. Ce père insolite et transgressif vit une utopie anti consumériste, anticapitaliste et athée qu’il veut, à l’inverse de Rousseau, partager avec ses enfants, à la fois conquis et troublés. De façon très directive ce père gourou veut en faire, par son enseignement physique, intellectuel et artistique, des hommes et des femmes maîtres de leur destin. Hélas, ce monde idéalisé est chamboulé le jour où l’on apprend le suicide de la mère, Leslie, une femme cyclothymique, hospitalisée depuis 3 mois loin des siens. Pour lui rendre un dernier hommage, Ben et ses enfants quittent leur paradis naturel pour la ville où les parents de Leslie, garants des normes, ont organisé ses obsèques. Mais ces derniers refusent la présence de Ben dont ils désapprouvent le mode de vie. Le choc entre la vie sauvage dans la forêt et celle de la surconsommation urbaine dans l’Amérique d’aujourd’hui va se révéler parfois violent, mais souvent très drôle aussi et Ben, d’abord révolté, finit par douter de ses partis-pris. Les aventures de cette famille de Robinsons ont tout au long du film une fraîcheur et un enthousiasme contagieux, exaltés par l’humour de la narration et l’authenticité des acteurs.

Jean-Michel Zucker