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Cinéma

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Cézanne et moi

France – 2016 – 1h54

Réalisation : Danièle Thompson - scénario : Danièle Thomson - Photo : Jean-Marie Dreujou - Musique : Eric Neveux - Son : Alexandre Fleurant, Nicolas Cantin – Décors : Michèle Abbé-Vannier - Casting : Etienne Beck - Montage : Sylvie Landra - Distribution : Pathé Distribution
Interprétation : Guillaume Galienne (Cézanne), Guillaume Canet (Zola), Alice Pol (Alexandrine Zola), Déborah François (Hortense), Laurent Stocker (Ambroise Vollard), Sabine Azéma (mère de Cézanne), Gérard Meylan (père de Cézanne)
Auteur :

Fille de Gérard Oury, elle embrasse très vite une carrière au cinéma, en devenant d’abord la collaboratrice de son père comme scénariste (La Grande Vadrouille 1966 - La folie des grandeurs 1971). Ses qualités de scénariste et de dialoguiste sont remarquées par d’autres réalisateurs : Cousin, Cousine (Tacchella 1975), Ceux qui m’aiment prendront le train et La Reine Margot (Chéreau). Sa carrière de réalisatrice commence avec La Bûche (1999), qui a eu beaucoup de succès.

Résumé :

Amis d’enfance à Aix-en-Provence, l’un de famille riche (Cézanne), l’autre de famille pauvre (Zola), ils rêvaient de gloire et partageaient tout. Ils montent à Paris et vivent la bohême. Aujourd’hui Paul est peintre et court après le succès, mais Emile écrivain acquiert la renommée, l’argent et une belle femme (ex-maîtresse de Cézanne). La vie, les goûts artistiques, les engagements sociaux les séparent. L’amitié profonde perdure, malgré tout.

Analyse :



En 2006, une grande exposition des tableaux de Cézanne s’est tenue à Aix-en-Provence, qui fut remarquable tant par la richesse des œuvres présentées que par la reconnaissance (tardive) de la ville à l’égard de son célèbre fils. Et depuis, l’évocation du peintre traverse toute la cité. Le film de Danièle Thomson (qui bénéficie d’une couverture médiatique importante) a le mérite de retracer la vie mouvementée et malheureuse de Paul qui se déroule sous le regard d’Emile Zola, son ami d’enfance et aussi son juge implacable. Ainsi se justifie le titre du film Cézanne et moi ! Zola estimait que Paul n’avait pas été le génie qu’il attendait, et sa peinture ne lui plaisait guère. On pouvait espérer un film plus convainquant, plus puissant avec comme sujet deux géants de la deuxième moitié du XIXème siècle. Il s’agit surtout d’un numéro d’acteurs, les deux Guillaume s’efforçant de coller aux personnages voulus par la réalisatrice – scénariste, dans une succession de séquences évoquant les difficultés rencontrées (refus des Salons d’exposer Cézanne, idéal « socialiste » de Zola en butte aux adversaires politiques, ennuis de cœur de Paul avec les femmes, condamnation d’Emile dans l’affaire Dreyfus). On pourrait ergoter sur l’accent « aixois » de Galienne, mais bon ! A la longue, le récit paraît fastidieux ou un peu trop appliqué. En fait, le grand personnage du film c’est la campagne aixoise filmée avec poésie et amour : la pinède et les carrières de Bibemus, le Bastidon, et la Sainte-Victoire que dans un beau post-générique on découvre. Succession de fondus-enchaînés de la « vraie » jusqu’à la dernière vision du peintre, quasi-abstraite et déjà « cubiste ». Paul pleure la mort de son ami et court éperdu sur les chemins de son enfance et de toute sa vie. Un des rares moments d’émotion. 

Alain Le Goanvic