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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Mon fils (Dancing Arabs)

(Israélien – 2015 – 1h44)

Réalisation : Riklis Eran - Scénario : Sayed Kashua – Montage : Richard Marizy – Directeur de la photographie : Michael Wiesweg – Ingénieurs du son : Rolf Manzel, Gil Toren, Hervé Buirette – Directeur artistique : Nir Aba – Chef décoratrice : Yoel Herzberg – Musique : Yonatan Riklis – Chef Monteur : Richard Marizy – Directeur de production : Zohar Hanuni - Distribution France : Pyramide Distribution
Interprétation : Tawfeek Barhom (Iyad) – Yaël Abecassis (Edna) – Michael Moshonov (Yonatan) – Marlène Bajali (Aisha)
Auteur :

Eran Riklis est un cinéaste israélien de 60 ans. Il est le réalisateur d’une dizaine de films dont les plus connus en France ont été La fiancée syrienne en 2004, Les citronniers en 2008 et Zaytoun en 2012. Il est également scénariste (dans ses trois films : La fiancée syrienne, Les citronniers et Playoff). Il a été également producteur de La fiancée syrienne et des Citronniers. Il a obtenu l’European Film Award du Meilleur scénario en 2008 pour Les citronniers.

Résumé :

Iyad a grandi dans un village arabe en Israël. Sujet brillant il est choisi pour intégrer, à 16 ans, une prestigieuse école à Jérusalem. Il est le premier et le seul arabe à y être admis. Le film raconte son intégration progressive dans ce milieu peu favorable aux arabes. De plus, dans le cadre des activités de l’école il est amené à s’occuper d’un jeune juif atteint d’une maladie héréditaire et qui vit à son domicile avec sa seule mère. Progressivement il devient le second fils de la famille.

Analyse :



Eran Riklis aborde généralement assez volontiers les sujets touchant à la société israélienne et spécialement ceux que cette société n’aime pas trop regarder en face, le conflit israélo-palestinien. Ici c’est la situation des arabes israéliens qu’il aborde. Dès le départ il nous dit bien que ces arabes représentent 20 % de la société. Son film est l’adaptation de deux romans de Sayed Kashua (arabe israélien qui a finalement préféré s’installer en Illinois) : le premier, éponyme, traduit en français par « Les arabes dansent aussi », plutôt autobiographique, et le second, « La seconde deuxième personne ».

Avec des touches successives Eran Riklis aborde avec habileté des questions sensibles et essentielles : la situation des minorités, la ségrégation ambiante (Iyad a du mal à s’intégrer dans ce milieu scolaire où l’on moque son accent quand il parle hébreu et ses vêtements peu à la mode), l’amour impossible là-bas entre des jeunes gens de confession différentes (l’amour qui semble réciproque avec une jeune fille juive mais qui n’aboutira finalement pas). Un des meilleurs moments du film est lorsque Iyad en analysant un texte d’Amos Oz, Mon Michaël, montre comment les personnages arabes sont représentés de manière horriblement caricaturale, et donc raciste. C’est finalement tout l’échec de la coexistence judéo-arabe qui est la toile de fond. Et jusqu’à la scène finale qui semble vouloir dire qu’un arabe devra changer d’identité pour être intégré dans cette société.

Ce film a d’incontestables qualités car, comme le dit le réalisateur lui-même « c’est un film réaliste, personnel qui évoque des questions pertinentes ».

D’où vient que l’on en sort dubitatif et peu satisfait ? Au delà de ses qualités il reste que Riklis a voulu traiter deux histoires en une. La double source de son inspiration transparait nettement. Il y a la partie où Iyad est au collège, sa relation avec ses camarades et sa relation amoureuse. Il y a par ailleurs la partie où il est garde malade auprès de Yonatan, sa relation amicale avec ce dernier qui se noue au fil du temps malgré ses préjugés, la relation également forte et confiante avec la mère de Yonatan. La mise en scène s’en ressent, souvent maladroite, qui favorise le schématisme et peine à unifier les différentes intrigues. A trop vouloir prouver on frise l’outrance !

Marie-Jeanne Campana