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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Dans les pas de Trisha Brown

(France, 1h19, 2017) (Documentaire)

Réalisation : Marie-Hélène Rebois - Scénario : Marie-Hélène Rebois – Photographie : Hélène Louvart – Mixage : Ivan Gariel – Distribution France : Vendredi distribution.
Interprétation :
Auteur :

Marie-Hélène Rebois est une réalisatrice française née à Nancy. Après des études littéraires et théâtrales, elle réalise des courts métrages avec pour thèmes favoris la musique, la peinture, l'opéra et la danse. Elle obtient un prix en 1999 au Festival international de films de femmes de Créteil pour Histoire d'une transmission, So Schnell à l'Opéra. Elle réalise aussi un film sur l’histoire du Festival Montpellier Danse ainsi qu’une trilogie sur le chorégraphe Dominique Bagouet.

Résumé :

Trisha Brown (1936-2017) est une danseuse et chorégraphe américaine, figure importante au sein du courant américain dit postmodern dance. Les lieux de représentations étant peu ouverts, des endroits insolites lui servent souvent d'espace de représentation : toits, rues, parvis d'institutions. Elle développe peu à peu son propre langage chorégraphique et collabore pendant plus de 30 ans avec de nombreux artistes contemporains (plasticiens, compositeurs, musiciens). Par exemple pour Glacial Decoy écrit en 1979 elle a collaboré avec Robert Rauschenberg pour les décors et les costumes.

 

Analyse :



Si vous aimez la danse contemporaine ne manquez pas ce documentaire tourné à l'occasion des répétitions de Glacial decoy, pièce historique de Trisha Brown. Vous n'apprendrez rien de sa vie, de son œuvre. En revanche vous comprendrez son apport à la danse contemporaine "post moderne". Deux danseuses de la chorégraphe dirigent les répétions, Lisa Kraus et Carolyne Lucas qui reprennent le flambeau, ce qui ne manque pas de nous ramener à la question très particulière à l’art chorégraphique : la survie du travail des grands chorégraphes disparus, tels Merce Cunningham ou Pina Bausch. C’est auprès des danseuses de l’Opéra de Paris, considérées parmi les meilleures au monde, que les deux danseuses enseignent l’effort qu’elles doivent fournir dans ce spectacle. Un effort sidérant lorsqu’ à la représentation du spectacle, on les voit évoluer avec tant de souplesse et de facilité. Ce documentaire a le mérite de nous faire comprendre ce que cache une telle facilité. L’apport de Trisha Brown a été d’élaborer une danse basée sur le déséquilibre maîtrisé du corps. Elle a dansé sur des murs, des toits et des parois d’immeuble pour « défier la force de la gravité » et « trouver un équilibre dans la perte d’équilibre ». Un enchaînement de mouvements qui ont l’air spontanés, naturels et improvisés mais qui sont en réalité travaillés au millimètre. Il s’agit pour ces danseuses de se « relâcher sans se dégonfler comme un ballon », de danser comme si leur bassin contenait de l’eau, de sauter en retombant en dehors de toute loi de la gravité, comme si leur corps choisissait de retomber, en faisant passer le flux de la pesanteur dans différentes parties de leur corps, loin d’une discipline athlétique. Ce précieux documentaire qui pourrait paraître austère, sans musique et peu de montage, est très pédagogique et nous immerge dans le monde d’une danse toute en sensibilité et en beauté pure.

Marie-Jeanne Campana