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Cinéma

Cette rubrique est présentée par Pro-Fil

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Dope

(USA, 2015, 1h45)

Réalisation : Famuyiwa Rick - Scénario : Rick Famuyiwa - Image : Rachel Morrison - Montage : Lee Haugen - Musique : Pharrell Williams - Production : Forest Whittaker, Pharrell William
Interprétation : Shameik Moore (Malcom), Tony Revolori (Jib), Kiersey Clemons (Diggy), Zoé Kravitz (Nakia)
Auteur :

Rick Famuyiwa est un noir américain né en 1973. Il fait des études de cinéma au Sundance Institute. Son premier film, The world (1999) est autobiographique. Dope, son 4ème film, a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, et a obtenu le prix du public au festival du film américain à Deauville 2015.

Résumé :

Nous sommes dans un quartier chaud de Los Angeles. Malcom, un jeune noir tranquille, fait tout pour survivre en milieu hostile où règnent drogue, violence, mafia…Son but est d’intégrer l’Université pour s’en sortir. Invité par hasard à une soirée underground, il va être entraîné dans une aventure qui le dépasse puisqu’il va se trouver en possession d’une valise pleine de drogue.

Analyse :



Le sujet du trafic de drogue et de ses répercussions sur les jeunes dans les quartiers sensibles en France ou aux Etats Unis, n’est pas facile. Dans ce film, il est traité avec humour sans que cela nuise à la gravité du fond. Les personnages de Malcom et de ses copains semblent sortis d’une comédie américaine des années 50 alors qu’ils vivent dans le monde ultra violent actuel. Quand il se retrouve au centre d’un trafic de drogue, ce jeune noir un peu décalé mais diablement intelligent va passer alors du statut de pauvre type, de geek, à celui de mec cool, un dope (drogue en anglais), un seigneur du quartier. Il va alors se servir de ce pouvoir pour réaliser son rêve d’intégrer Harvard. Il en profite au passage pour régler quelques comptes avec d’anciens tortionnaires et se payer le luxe de séduire la copine du chef de la bande, qui se moquait de lui avant. Ayant compris le fonctionnement du système dans lequel se déroule le trafic de drogue, il décide cyniquement de se servir de l’ascenseur social pour passer du bon côté de l’Amérique des privilégiés. Une fin morale, en quelque sorte ! Donnons une mention spéciale à la bande-son très rythmée en particulier par les chansons hip-hop de Pharrell Williams. Le réalisateur filme un sujet complexe avec des scènes courtes et enlevées et c’est cette distanciation traitée sur le mode léger qui fait le charme de Dope où finalement on rit beaucoup. Pas besoin d’être pompeux pour dénoncer le mode de vie de certains jeunes et aussi pour croire en l’avenir.

Jean Wilkowski