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Cinéma

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Dors mon lapin

(France – 2014 - 83 minutes)

Réalisation : Jean-Pierre Mocky - scénario et montage : Jean Pierre Mocky - Chef opérateur : JP Sergent -Musique : Vladimir Cosma - Distribution : Mocky delicious.
Interprétation : Frédéric Diefenthal (Lionel), Sarah Biasini (sa femme), Richard Bohringer (le commissaire)
Auteur :

Jean Pierre Mocky est né en 1933 à Nice. Très tôt il a été acteur puis a travaillé avec Visconti et Fellini avant de devenir réalisateur avec Les Dragueurs. Notons dans sa filmographie : Un drôle de paroissien, Solo, Le miraculé. Dors mon lapin est son 62éme long métrage. Dénonçant la corruption et l’hypocrisie, ses films ont une place à part dans le cinéma français et ont fait de lui un cinéaste controversé.

Résumé :

Lionel est un jeune marié heureux dont la femme est sur le point d’accoucher. Malheureusement il doit 60.000€ pour son appartement et n’arrive pas à s’en sortir. Il décide d’enlever le bébé de ses voisins millionnaires. Mais rien ne va comme il voudrait…

Analyse :



Le soixante-huitard attardé, l’anticonformiste, le jouisseur et l’iconoclaste qu’est Jean Pierre Mocky se retrouvent - pour notre plaisir ou notre détestation - dans ce nouveau film plutôt décousu et dont le scénario est pour le moins léger tandis que les personnages ressemblent aux Pieds nickelés. Le plaisir que l’on éprouve et le rire qu’il déclenche proviennent avant tout de la profusion des personnages secondaires et des scénettes que Mocky leur fait jouer : un usurier qui reçoit ses clients tandis que sa secrétaire est cachée sous son bureau dans un but inavouable, un marchand de journaux perclus de tics, un ménage de bourgeois ridicules, un couple d’aveugles regrettant la période de Gaulle quand la jeunesse savait se tenir, un curé pécheur à la ligne qui rend grâce de ce qu’il n’a pas pris de poisson…Le personnage le plus réjouissant est celui d’un inspecteur de police raciste joué par Richard Bohringer proche de l’inspecteur Gadget ou du commissaire Clouseau de La panthère rose. Manifestement l’acteur s’amuse, et nous amuse, bien qu’il soit particulièrement antipathique. Même le bébé est un vilain jojo qui hurle tout le temps ! Le meilleur ami du héros, Lionel, est un noir (l’inspecteur l’appelle le con…golais) qui finit par le trahir. Vous aurez compris que le pessimisme teinté d’anarchisme de Mocky ressurgit sans arrêt et que les plaisanteries sont toujours grinçantes. La démonstration en est donnée à la fin du film : Lionel, comme dans A mort l’arbitre ! est lynché par la foule.

Jean Wilkowski